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19/12/2016 08:40 EST | Actualisé 20/12/2017 00:12 EST

RDC: arrestation d'un opposant accusé d'avoir séquestré trois soldats

Un opposant accusé d'avoir séquestré trois soldats a été arrêté lundi à Kinshasa, quadrillée par les forces de l'ordre à la veille de la fin du mandat du président congolais Joseph Kabila, a-t-on appris de source officielle.

"Franck Diongo (président d'un petit parti d'opposition, le Mouvement lumumbiste progressiste) a arrêté et séquestré trois éléments de la garde républicaine qui habitent dans son quartier. Il les a pris, il les a amenés dans sa résidence, il les a battus et les a maltraités", a déclaré à la presse Barnabé Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique de M. Kabila.

"Alertée, la police s'est présentée chez M. Diongo, l'a arrêté en flagrance. Au moment où nous parlons, il est en train d'être présenté au parquet général et on va entamer une procédure de flagrance" contre lui, a-t-il précisé.

Cette arrestation a lieu à la veille de la fin du mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et qui entend se maintenir jusqu'à l'élection d'un successeur, contre l'avis d'une coalition d'opposition qui demande sa démission et l'instauration d'un régime politique de transition jusqu'à la prochaine présidentielle.

L'élection prévue cette année a été reportée sine die.

"Demain (mardi), le président sera président de la République. (...) Faire autrement, serait une violation de la Constitution", a lancé M. Kikaya, en invoquant un arrêt de la Cour constitutionnelle congolaise prononcé en mai selon lequel "il faut un nouveau président élu pour que le président quitte ses fonctions".

"Il nous reste très peu de temps. Dix-huit mois, ce n'est rien dans la vie d'une nation", a-t-il encore dit, en référence à un accord signé en octobre entre la majorité présidentielle et une frange minoritaire de l'opposition renvoyant la présidentielle au plus tôt à avril 2018.

"Je ne vois pas [M. Kabila] céder à une pression quelconque" sinon à celle du peuple, a estimé M. Kikaya. Mais "la population congolaise ne fait pas pression sur le président Kabila", a-t-il souligné.

Bouillonnante mégapole de 10 millions d'habitants, quadrillée depuis plusieurs jours par les forces de sécurité, Kinshasa avait tout d'une ville morte lundi.

La majeure partie de l'opposition rassemblée autour d'Étienne Tshisekedi, opposant historique en RDC, n'a pas appelé la population à manifester, et des membres de la majorité multiplient les appels au calme sur la télévision publique.

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