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19/12/2016 03:47 EST | Actualisé 20/12/2017 00:12 EST

La Grèce s'apprête à reporter la hausse de la TVA sur des îles

Le Parlement grec devait voter lundi soir le report de la hausse de la TVA sur les îles se trouvant en première ligne face au flux des migrants, seconde mesure du gouvernement à l'origine d'un accès de tension avec les créanciers du pays.

La disposition, soutenue par l'opposition de droite, reporte au 1er janvier 2018 l'augmentation de 30% des taux de TVA (de 17% à 24% pour le taux général) qui était censée entrer en vigueur au 1er janvier 2017, selon un accord conclu entre la Grèce et ses bailleurs de fonds, UE et FMI.

Le coût de cette exemption est estimé à 50 millions d'euros par la Comptabilité nationale grecque.

Elle concerne les îles de l'est égéen où s'entassent actuellement plus de 16.000 réfugiés et migrants, en vertu du pacte migratoire conclu en mars entre l'UE et Ankara pour couper la route migratoire en Egée, mais exclut Rhodes, une des grandes destinations touristiques.

Le Premier ministre grec de gauche, Alexis Tsipras, avait annoncé ce soutien début décembre, ainsi qu'un bonus de fin d'année aux petits retraités, arguant de la nécessité de consacrer à la "cohésion sociale" une partie de l'excédent primaire (c'est-à-dire hors charge de la dette) dégagé cette année, supérieur aux objectifs assignés par les créanciers.

Le Parlement grec a voté la semaine dernière le bonus aux retraités, avec le soutien de l'opposition.

L'annonce de ces aides a irrité Berlin, conduisant la semaine dernière le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem à faire part de "la suspension" des mesures décidées récemment par les créanciers de la Grèce, UE et FMI, en faveur d'une légère réduction de la dette publique de celle-ci.

Mais cette initiative a été contestée par la France et le commissaire européen aux Affaires Économiques, Pierre Moscovici.

Les institutions créancières européennes ont pour leur part jugé que ces aides sociales "ne devraient pas changer de façon significative les objectifs budgétaires (d'Athènes) en 2017 et 2018".

Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis a estimé dimanche que "l'annonce unilatérale du gouvernement grec pour ces prestations avait compliqué la situation".

Mais "la situation n'est pas dans l'impasse", a-t-il jugé, dans un entretien au quotidien grec Kathimerini, prédisant qu'un compromis entre la Grèce et ses créanciers serait trouvé début 2017 pour maintenir le pays sous perfusion financière.

cb/rap