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19/12/2016 14:09 EST | Actualisé 20/12/2017 00:12 EST

L'élection de Donald Trump confirmée, échec de la "révolte"

La tentative des farouches opposants à Donald Trump a clairement échoué: le collège électoral a, sans surprise, confirmé lundi l'élection du magnat de l'immobilier comme 45e président des Etats-Unis.

Un mois et demi après sa victoire surprise face à la démocrate Hillary Clinton, Donald Trump a, selon le décompte des médias américains, remporté la majorité des grands électeurs (270) et succédera donc bien à Barack Obama le 20 janvier.

Des militants démocrates avaient appelé ces derniers à faire barrage à l'homme d'affaires septuagénaire qui était sorti vainqueur du scrutin.

Les quelque 136 millions d'Américains qui se sont rendus aux urnes le 8 novembre n'ont pas directement élu le prochain locataire de la Maison Blanche... mais 538 grands électeurs chargés de le faire.

Le vote de ces grands électeurs, élus ou militants locaux pour la plupart inconnus du grand public, passe d'habitude quasiment inaperçu.

Mais la personnalité de M. Trump, la tonalité extrêmement agressive de la campagne et l'avance significative de Mme Clinton avec le vote populaire lui ont donné cette année un relief particulier.

Pour parvenir à leurs fins, les anti-Trump devaient arriver à convaincre 37 grands électeurs du "Grand Old Party" d'abandonner leur candidat. Les grands électeurs ne sont pas tenus de respecter le mandat qui leur a été confié mais il est extrêmement rare qu'ils dérogent à ce principe.

Ironie cruelle: les rares défections de lundi étaient, suivant le décompte encore partiel des résultats, plus nombreuses dans le camp démocrate que dans le camp républicain.

Dans l'Etat de Washington (ouest), qu'Hillary Clinton avait emporté haut la main, un tiers des 12 grands électeurs n'ont pas voté en sa faveur.

Un sondage Politico/Morning Consult publié lundi montrait que les Américains avaient peu d'enthousiasme pour cette "révolte": 46% d'entre eux jugeant que les grands électeurs devraient être tenus de suivre le vote de leur Etat (34% pensant le contraire).

Sur l'opportunité de modifier la Constitution pour remplacer ce système par le suffrage universel direct, ils sont davantage partagés: 46% pour, 40% contre.

- Faible mobilisation -

Des manifestations, peu suivies, ont rassemblé quelques dizaines de personnes dans les capitales de plusieurs Etats.

A Denver, dans le Colorado, un petit groupe de personnes ont bravé le froid devant le Capitole local, tenant des panneaux où ils demandaient aux grands électeurs de "Rejeter Trump", ou de "Rejoindre les autres courageux grands électeurs" ayant changé leur vote au cours de l'histoire.

L'ancien président Bill Clinton, grand électeur de l'Etat de New York, a lui glissé un bulletin pour son épouse dans cet Etat qu'elle a remporté aisément le 8 novembre dernier.

"Je n'ai jamais déposé un bulletin de vote dont j'ai été plus fier", a-t-il dit, très ému, rendant hommage à la campagne électorale menée par l'ancienne Première dame.

Les piratages menés par la Russie, selon le renseignement américain, durant la campagne électorale, ont ajouté encore au caractère passionnel du débat de ces derniers jours.

Les républicains s'étaient insurgés de ces tentatives de délégitimer le résultat de l'élection, dénonçant le "harcèlement" dont auraient été victimes certains grands électeurs pour changer leur vote.

"Si mes nombreux soutiens se comportaient et menaçaient les gens comme le font ceux qui ont perdu l'élection, ils seraient méprisés et traités de tous les noms!", a tweeté Donald Trump.

Mais tous les démocrates n'étaient pas, loin s'en faut, favorables à la démarche.

"Même si je partage de réelles inquiétudes sur l'élection et sur Donald Trump, la plupart des grands électeurs suivront, et devraient suivre, les résultats des urnes", avait estimé avant le vote David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama.

"Un vote contraire déchirerait le pays", avait-il ajouté.

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