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19/12/2016 07:25 EST | Actualisé 20/12/2017 00:12 EST

Démission du président du CA de la télévision publique sud-africaine en pleine crise

Le président du conseil d'administration du groupe audiovisuel public sud-africain SABC a donné sa démission, a annoncé lundi le chef de l'Etat Jacob Zuma, sur fond de grave crise politico-rédactionnelle qui secoue la radio-télévision depuis des mois

"Le président Jacob Zuma a reçu et accepté la démission du président du conseil d'administration de la SABC, le professeur Mbulaheni Obert Maguvhe", a annoncé la présidence sud-africaine dans un communiqué laconique.

La raison de son départ n'a pas été rendu publique.

Le CA de la SABC, un groupe plongé dans la tourmente depuis des mois, est désormais totalement décimé. Mbulaheni Maguvhe était le seul membre du conseil d'administration à ne pas avoir encore présenté sa démission.

Il avait récemment demandé à la justice de bloquer le travail d'une commission parlementaire qui se penche sur les dérives au sein du groupe. En vain.

La semaine dernière, Mbulaheni Maguvhe a été interrogé par cette même commission, lors de débats retransmis en direct à la télévision. Il n'a pas répondu à plusieurs questions délicates sur la censure et les interférences politiques au sein de la SABC.

Fin mai, quelques mois avant des élections municipales cruciales pour le pouvoir, la SABC a décidé de ne plus couvrir les destructions de biens publics lors de manifestations.

Elle a aussi banni la lecture des gros titres des journaux de la presse écrite, parfois critiques envers le pouvoir, dans les émissions de radio du groupe.

Des décisions qui ont valu à la SABC d'être soupçonnée, par l'opposition, de censure.

Mbulaheni Maguvhe était considéré comme un soutien de poids du très controversé directeur général de la SABC, Hlaudi Motsoeneng, proche du président Zuma et dont les méthodes sont réputées brutales. La justice a estimé la semaine dernière que Hlaudi Motsoeneng n'était plus apte à remplir ses fonctions.

Lundi, le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), s'est lui réjoui de la démission de Mbulaheni Maguvhe, regrettant cependant que son départ intervienne "si tard".

"Nous regrettons que le professeur Maguvhe ait pris conscience aussi tardivement" du malaise au sein de la SABC, mais "nous sommes confiants que son départ va accélérer le processus visant à se pencher sur le problème de la crise à la direction" de la radio-télévision, a estimé le groupe parlementaire de l'ANC dans un communiqué.

bed/de