NOUVELLES
19/12/2016 07:05 EST | Actualisé 20/12/2017 00:12 EST

Climat : "manque de volonté politique" dans l'UE pour réformer le marché du carbone

Les ministres de l'Environnement des pays de l'UE ne sont pas parvenus lundi à Bruxelles à une position commune pour la réforme du marché européen d'échange de quotas d'émissions de CO2, en raison d'un "manque de volonté politique", selon la présidence slovaque de l'Union.

Les 28 s'accordent pourtant sur le fait que le marché du carbone (dit ETS, son acronyme anglais, ou SEQE en français) européen est le principal outil pour atteindre les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, fixés dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat.

La présidence slovaque du Conseil de l'UE espérait donc pouvoir rassembler les pays membres sur une position commune avant la fin de son mandat, fin décembre, mais la responsabilité en revient désormais à Malte, qui assumera la présidence semestrielle à compter de janvier.

"Nous espérions trouver une approche générale sur la révision de cet instrument important. Malgré des efforts considérables, cela s'est avéré impossible à cause d'un manque de volonté politique", a regretté lundi le ministre slovaque Laszlo Solymos.

Au cours d'une conférence de presse, il a estimé qu'un accord était possible à la prochaine rencontre des ministres de l'Environnement, prévue pour le 28 février. "En tout cas, le Parlement va nous mettre une pression considérable", a-t-il pronostiqué.

Les eurodéputés chargés du dossier ont en effet arrêté leur position, qui devrait être validée en session plénière à la mi-février.

Une fois que le Conseil de l'UE aura adopté une position commune, une négociation ("trilogue") pourra commencer avec le Parlement et la Commission pour trouver un accord final.

Or, le temps presse : l'UE veut réformer son marché du carbone, le plus grand du monde, pour 2021. Plombé par un énorme surplus de quotas de CO2 (plus de deux milliards de tonnes détenues par les industries les plus polluantes de l'UE), le prix du carbone est trop faible pour inciter les entreprises à investir dans des technologies propres.

Le débat qui s'est déroulé lundi à Bruxelles a montré que les 28 peinaient à se mettre d'accord sur certains principes de base, comme le volume des quotas de carbone en surplus retiré du marché pour enrayer la chute des prix ou encore la part des allocations de quotas gratuits.

Le système prévoit en effet d'allouer des quotas gratuitement aux usines les plus exposées à la concurrence internationale pour lutter contre les délocalisations d'entreprises fuyant de trop fortes contraintes environnementales.

mla/cds/bds