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19/12/2016 11:55 EST | Actualisé 20/12/2017 00:12 EST

Alep: l'ONU prépare l'envoi d'observateurs et la reprise de négociations de paix

Le Conseil de sécurité a décidé lundi à l'unanimité de déployer rapidement des observateurs de l'ONU à Alep-Est pour y superviser les évacuations et évaluer la situation des civils dans la ville syrienne.

L'adoption de cette résolution, proposée par la France et acceptée y compris par la Russie, principale alliée de la Syrie, marque le premier signe d'unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales aux prises avec un conflit qui a déjà fait plus de 310.000 morts depuis mars 2011.

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a par ailleurs annoncé qu'il avait convoqué les parties syrienne le 8 février à Genève pour reprendre les négociations de paix, au point mort depuis avril.

Dans l'immédiat, la résolution française demande au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon de déployer rapidement à Alep-Est le personnel humanitaire de l'ONU déjà présent en Syrie "pour une surveillance adéquate, neutre et une observation directe" de "l'évacuation des parties assiégées".

Ban Ki-moon devra indiquer au Conseil sous cinq jours si l'accès a été autorisé par les autorités syriennes, qui ont bloqué à plusieurs reprises par le passé l'aide de l'ONU.

"C'est un point de départ", a déclaré à la presse l'ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre.

Avec cette "résolution humanitaire", l'objectif de la France est "d'éviter un nouveau Srebrenica", ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, avait-il dit avant son adoption.

Le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric a précisé qu'environ 100 employés de l'ONU se trouvaient déjà à Alep-Ouest, dont une majorité de Syriens, et qu'ils pourraient donc rapidement commencer leur travail de supervision, sans toutefois donner de calendrier précis.

"Il y a bien entendu des inquiétudes portant sur leur sécurité et les questions d'accès qui doivent être résolues", a-t-il dit.

L'ambassadrice des Etats-Unis Samantha Power a précisé que 118 employés de l'ONU se trouvaient actuellement à Alep-Ouest. "Notre objectif, c'est immédiatement", a-t-elle répondu concernant l'échéance du déploiement.

- Alep 'nettoyée ce soir' -

La Russie avait menacé de mettre son veto à une première proposition de résolution soumise par la France. Après presque quatre heures de consultations dimanche, un compromis a finalement été trouvé.

Moscou a tenu au courant le régime syrien tout au long de ces négociations.

"Nous sommes restés en contact avec nos collègues syriens pendant tout ce temps pour qu'ils soient informés du déroulement du processus et ils n'ont pas soulevé d'objections sérieuses à ce que nous avons présenté", a dit l'ambassadeur russe aux Nations unies Vitali Tchourkine.

La Russie a bloqué à six reprises des projets de résolution occidentaux sur la Syrie depuis le début du conflit.

L'adoption de cette résolution pourrait donc marquer un tournant du côté de Moscou. "Nous avons besoin de ce changement", a remarqué l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. "C'est la politique de la Russie qui a empêché au Conseil de présenter l'unité nécessaire pour fixer le cap vers la fin de ce conflit".

L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a pour sa part accusé les puissances occidentales de vouloir aider à Alep-Est ce qu'il a qualifié d'espions étrangers.

"Le principal objectif était de trouver comment secourir ces terroristes étrangers et agents secrets", a-t-il dit à la presse. "C'est pour ça qu'on a vu une initiative hystérique au Conseil ces derniers jours".

Il a toutefois assuré que son gouvernement respecterait la résolution, niant tout blocage de l'accès fait par le passé à des représentants de l'ONU.

"Les derniers terroristes dans certaines zones de la partie Est d'Alep sont en train d'évacuer leurs bastions", a-t-il déclaré. "Alep sera nettoyée ce soir".

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