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13/12/2016 03:27 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Ukraine: Merkel et Hollande veulent prolonger les sanctions contre la Russie

Angela Merkel et François Hollande se sont prononcés mardi en faveur d'une prolongation des sanctions de l'UE contre la Russie sur l'Ukraine lors du sommet européen de cette semaine à Bruxelles, en dépit du débat qu'elles suscitent en Europe.

"Il va être nécessaire que les sanctions contre la Russie soient prolongées" lors du sommet de jeudi, a déclaré à la presse la chancelière allemande en marge d'entretiens à Berlin avec le président français, alors que certains pays européens critiquent l'efficacité et le coût économique de ces mesures.

"Dès lors qu'il n'y a pas d'efforts, pas de progrès, qu'il y a toujours les mêmes blocages je suis favorable comme la chancelière à ce que les sanctions puissent être prolongées", a dit pour sa part François Hollande.

"Nous devons continuer à faire appliquer les accords de Minsk", censés mettre fin au conflit dans l'Est de l'Ukraine entre forces loyalistes et rebelles prorusses, "et dès lors qu'ils ne le sont pas à poursuivre le système des sanctions, même si ce n'est pas la formule qui devrait être permanente", a-t-il ajouté.

Imposées en juillet 2014 après la destruction du vol MH17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l'Est séparatiste de l'Ukraine (298 morts, en majorité néerlandais), ces lourdes sanctions économiques de l'UE, ciblant les secteurs de l'énergie, de la défense ou encore des banques russes, ont été régulièrement reconduites depuis deux ans.

Actuellement en vigueur jusqu'au 31 janvier 2017, elles font l'objet de débats parmi les Etats membres, notamment en Italie, car elles ont entraîné des mesures de rétorsion russes frappant en particulier les agriculteurs européens.

A Moscou, un des adjoints du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, a parlé mardi d'"annonces cyniques et contreproductives" de la part des dirigeants français et allemand.

"La Russie fait tout son possible pour relancer le processus de mise en oeuvre des accords de Minsk, actuellement au point mort à cause des autorités de Kiev", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine, cité par l'agence Interfax.

Les sanctions économiques européennes sont un des volets des mesures punitives décidées par l'UE depuis deux ans et demi contre Moscou pour sanctionner l'annexion jugée illégale de la Crimée et les atteintes à l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité de la violation des accords de Minsk.

Berlin et Paris ont affiché leur fermeté sur les sanctions russes alors qu'au même moment le président élu américain Donald Trump a nommé à la tête de sa diplomatie, Rex Tillerson, le PDG du géant pétrolier ExxonMobil, qui a des liens étroits avec la Russie.

M. Tillerson, 64 ans, qui connaît personnellement le président russe Vladimir Poutine, devrait être chargé de normaliser les relations avec la Russie, mises à mal par l'annexion de la Crimée et le différend entre Washington et Moscou sur la guerre en Syrie.

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