NOUVELLES
13/12/2016 09:55 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Syrie: Washington demande que des observateurs internationaux supervisent l'évacuation d'Alep

L'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power a demandé mardi que des "observateurs internationaux impartiaux" soient déployés à Alep pour superviser l'évacuation "en toute sécurité" des civils.

S'exprimant devant le Conseil de sécurité qui tenait une réunion d'urgence, elle a souligné que les civils qui veulent quitter Alep-Est "ont peur, à juste titre, d'être abattus dans la rue ou emmenés vers un des goulags d'Assad".

L'ambassdeur russe Vitali Tchourkine avait auparavant confirmé à des journalistes qu'un accord avait été conclu avec le gouvernement syrien pour évacuer les combattants rebelles d'Alep.

Il a précisé que cette évacuation pourrait intervenir "dans les heures qui viennent".

Devant le Conseil il a précisé que "les militants et les membres de leurs familles ainsi que les blessés passent actuellement par des couloirs en direction de lieux de leur choix, dont Idleb".

M. Tchourkine n'a pas précisé le sort des civils. Mais devant les journalistes il a estimé que puisque la ville "va être sous le contrôle du gouvernement syrien, il n'y a pas besoin pour les habitants qui restent de partir".

Des groupes rebelles avaient auparavant fait état d'un accord pour l'évacuation des rebelles et des civils d'Alep.

Des dizaines de milliers de personnes restent assiégées dans les derniers quartiers rebelles soumis au pilonnage de l'armée.

Celle-ci est sur le point de reprendre le contrôle de la ville et de remporter ainsi sa plus grande victoire depuis le début du conflit en 2011.

L'ONU et plusieurs membres du Conseil dont la France, le Royaume uni et les Etats-Unis, ont fait état d'informations crédibles sur des exactions commises à Alep-est dont des exécutions sommaires de civils.

En ouvrant la séance du Conseil, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a évoqué ainsi "des dizaines de civils tués dans des bombardements intenses ou exécutés sommairement par des forces pro-gouvernementales".

Il a aussi parlé "d'informations selon lesquelles des civils, dont des femmes et des enfants, avaient été rassemblés et exécutés dans quatre quartiers" de la ville.

Evoquant l'accord annoncé sur une évacuation d'Alep, il a déclaré que l'ONU "soutenait ces efforts et se tenait prête à aider à appliquer et superviser un tel accord".

M. Tchourkine a rejeté les accusations d'exactions lors de la reprise d'Alep, soulignant que les autorités syriennes les avaient "catégoriquement démenties". Il a laissé entendre que des rebelles quittant la ville avaient pu "commettre des crimes et des attaques contre des hôpitaux".

Réagissant aux accusations de Mme Power, il a déclaré "qu'elle se prend pour Mère Teresa" et a estimé que les Etats-Unis ne pouvaient pas se prévaloir d'une "supériorité morale".

avz/vog