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13/12/2016 02:33 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Sommet européen: l'UE se prépare à vivre à 27 avant le Brexit

Encore sous le choc du divorce à venir avec un Etat membre, sans précédent, les dirigeants européens se retrouvent jeudi à Bruxelles, d'abord à 28 puis sans le Royaume-Uni, pour leur dernier sommet de 2016, "annus horribilis" dans l'histoire de l'UE.

Signe d'une page qui se tourne, la Première ministre britannique Theresa May sera la grande absente du dîner de travail consacré au Brexit, une réunion "informelle" à 27 comme cela en devient l'habitude lors des sommets européens depuis le référendum britannique.

Comme le prédécesseur de Mme May, David Cameron, l'Italien Matteo Renzi a lui aussi été emporté par la vague de populisme qui traduit un mécontentement quasi général des électorats en Europe. M. Renzi sera remplacé par le tout nouveau chef du gouvernement, Paolo Gentiloni, un de ses fidèles, qui vient des Affaires étrangères.

Autre victime de l'impopularité, le président français François Hollande participera à l'un de ses derniers Conseils européens après avoir dû renoncer à briguer un second mandat en 2017.

Ce sommet, réduit à une seule journée, se déroulera en deux temps: un déjeuner et une session de travail --avec au menu la crise migratoire et le pacte UE-Turquie, l'Ukraine et la Syrie-- puis le dîner à 27, dont sera privée Theresa May.

Londres n'en fait cependant pas tout un plat: "Ceux qui restent dans l'UE ont besoin de discuter de la manière dont ils vont gérer la procédure de départ. C'est raisonnable, nous nous y attendons", a commenté la porte-parole de Mme May.

- 'Le plus rapidement possible' -

Lors de leur dîner, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement devraient s'entendre sur un texte prônant "l'ouverture le plus rapidement possible des négociations" avec Londres une fois officiellement enclenché le processus de sortie du Royaume-Uni de l'UE, selon une source européenne.

Ce bref document souligne que les 27 sont "prêts à négocier" dès la notification par Londres de l'activation de l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui lancera la procédure de séparation d'avec l'UE.

Le gouvernement conservateur de Theresa May, qui reste encore flou sur sa stratégie, a promis d'"activer" l'article 50 d'ici le 31 mars 2017.

Selon la source européenne, le négociateur de la Commission européenne, le Français Michel Barnier, "sera en première ligne, en coordination avec les Etats membres" tout au long des négociations, censées être bouclées d'ici à octobre 2018.

Du côté de Bruxelles, en tout cas, on refuse de laisser aux Britanniques le choix d'un Brexit "à la carte". Les 27 se veulent fermes sur le futur accès au marché unique, s'opposant à ce que Londres puisse en bénéficier s'il ne respecte pas le principe de libre circulation des personnes, en particulier de la main d'oeuvre d'Europe de l'Est.

- Casse-tête ukrainien -

En attendant la notification britannique, les dirigeants européens vont s'attacher à traiter des contentieux qui divisent l'Union. En particulier face à la Russie, au moment où le président élu américain Donald Trump semble vouloir une politique de détente envers Moscou.

Ainsi, concernant l'Ukraine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président Hollande se sont prononcés mardi en faveur d'une prolongation des sanctions économiques visant la Russie, qui seront à l'ordre du jour du sommet, malgré les réserves de l'Italie.

De fait, la question ukrainienne promet d'être un casse-tête.

Le gouvernement de La Haye peine en effet à trouver un compromis sur l'accord entre l'UE et l'Ukraine, rejeté par les Néerlandais lors d'un référendum consultatif en avril dernier.

Les Pays-Bas sont le seul membre de l'UE à ne pas avoir ratifié cet accord et le Premier ministre, Mark Rutte, s'efforce de trouver une manière de l'amender alors que sa coalition gouvernementale ne dispose pas d'une majorité au sénat.

M. Rutte souhaite obtenir jeudi "des garanties juridiquement contraignantes" afin de s'assurer que ce traité "ne créera pas une garantie de défense" pour l'Ukraine ou une étape vers une adhésion à l'UE.

"Au final, il nous faudra tâcher de trouver une solution parce que les enjeux sont élevés. Si l'accord n'est pas ratifié, ce sera une victoire pour la Russie", se désole un diplomate européen.

De la Syrie, et de la chute imminente d'Alep-Est, il sera aussi question, mais il est improbable que des sanctions contre la Russie, allié indéfectible de Damas, soient décidées même si "l'UE considère toutes les options disponibles", selon un projet de conclusions consulté par l'AFP.

bur-agr/at