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13/12/2016 06:57 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Roumanie/législatives: le chef d'Etat reste ferme face à la gauche

Le président roumain Klaus Iohannis a réitéré mardi son refus de nommer Premier ministre toute personne ayant des démêlés avec la justice, une décision qui risque de priver de ce poste le chef des sociaux-démocrates, gagnants des législatives dimanche.

"J'ai énoncé les critères d'intégrité (ndlr: pour la nomination du chef de gouvernement) avant la campagne électorale pour qu'il n'y ait pas de discussions après, et ces derniers restent valables", a lancé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse.

Le président, de centre-droit, a ajouté qu'il camperait sur cette position même si une loi qui empêche toute personne frappée d'une condamnation de siéger au gouvernement était modifiée, comme l'envisagent les sociaux-démocrates (PSD).

Le chef du PSD, Liviu Dragnea, a laissé entendre dès dimanche qu'il briguerait le poste de Premier ministre en dépit d'une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.

Un bras de fer sur le nom du futur chef de l'exécutif est de plus en plus probable.

M. Iohannis a ainsi convoqué pour mercredi des consultations avec les partis politiques élus au sein du nouveau parlement, espérant sans doute prendre de vitesse toute tentative de modification de la loi qui est défavorable à M. Dragnea.

Mais ce dernier a indiqué que son parti ne participera pas aux discussions: "Je ne comprends pas cette hâte. Nous participerons à des consultations, avec toute notre ouverture, une fois que le nouveau parlement aura été investi", le 19 décembre au plus tôt, a-t-il déclaré aux journalistes.

Un délai de quelques jours permettrait notamment au Défenseur des droits, qui en a la compétence, de décider s'il conteste ou non auprès de la Cour constitutionnelle la loi qui empêche la nomination de M. Dragnea, selon les analystes.

Le PSD a remporté les législatives avec 45,5% des suffrages à la Chambre des députés et 45,71% au Sénat, selon le décompte portant sur plus de 99% des bureaux de vote.

Ce parti avait été contraint de quitter le pouvoir fin 2015 après l'incendie meurtrier dans une boîte de nuit de Bucarest qui avait déclenché une vague de manifestations anti-corruption.

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