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13/12/2016 06:37 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Plaque commémorative à Moscou pour un des premiers camps du Goulag

Une plaque commémorative a été inaugurée mardi à Moscou par l'ONG Memorial sur les lieux d'un des premiers camps de travail créés par les bolcheviques en plein coeur de la capitale.

Souvent associée aux années 1937-1938, la Terreur de l'époque communiste a en réalité démarré vingt ans plus tôt, "en plein centre de Moscou", avant de se propager à travers toute l'URSS, a rappelé lors de l'inauguration Arseni Roguinski, président de Memorial, principale ONG russe de défense des droits de l'Homme

Le camp de Pokrovski, ouvert en 1919 à quelques pas du Kremlin par les nouvelles autorités bolchéviques et en activité jusqu'à 1923, a vu passer près de 10.000 personnes -- anciens officiers tsaristes, aristocrates, "contre-révolutionnaires" ou simples suspects.

Contrairement aux atroces conditions de détention des futurs camps du Goulag, les prisonniers du camp moscovite "ne travaillaient que 8 heures par jour, touchaient un salaire et recevaient des visites de proches", a précisé Alexandra Polivanova, responsable des programmes culturels de Memorial.

Faute de système de sécurité performant, "près de 2.000 personnes ont réussi à s'évader du camp entre 1918 et 1923, soit en moyenne 8 détenus par jour", ajoute-t-elle.

Selon des historiens russes et occidentaux, la terreur stalinienne, qui a connu son apogée dans les années 1937-1938, a fait quelque 20 millions de morts en incluant les exécutions massives, les morts au Goulag et en déportation dans des zones insalubres, ainsi que la famine en Ukraine et dans plusieurs régions de Russie.

La tombe de Staline se trouve toujours sur la place Rouge, au pied du Kremlin, juste derrière le mausolée de Lénine, son prédécesseur.

L'ONG Memorial a elle, été qualifiée d'"agent de l'étranger" par la justice russe une dénomination infamante qui rappelle celle appliquée à l'époque stalinienne aux opposants réels ou supposés.

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