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13/12/2016 02:01 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Palmyre, Khorsabad...une exposition à Paris pour s'immerger dans des sites menacés

Se plonger dans Palmyre avant les destructions du groupe État islamique (EI) qui occupe à nouveau l'antique cité syrienne, c'est ce que permet une exposition "immersive" à Paris consacrée à quatre sites du patrimoine universel situés dans des zones de conflit.

"L'oasis des palmiers", mais aussi Khorsabad, dans le nord de l'Irak, la Grande Mosquée des Omeyyades de Damas et le Krak des chevaliers en Syrie: des images issues de relevés photographiques en 3D effectués par des drones, sont projetées à 360 degrés sur les murs du bâtiment du Grand Palais, donnant le sentiment d'être au coeur de ces sites majeurs.

"On voulait rendre accessibles ces sites qui ne le sont pas et montrer la beauté de ces oeuvres", souligne Jean-Luc Martinez, président du musée du Louvre et commissaire général de l'exposition.

L'EI a repris dimanche le contrôle de la totalité de Palmyre, en plein désert, un moyen pour le groupe jihadiste de renforcer sa propagande au moment où il subit des revers militaires ailleurs.

Les jihadistes avaient déjà pris en mai 2015 le contrôle de cette ville classée au patrimoine mondial de l'Humanité et de son site archéologique, bijou de l'architecture gréco-romaine.

Ils ont mis en pièce à coup de marteau la célèbre statue du Lion d'Athéna, pièce unique de plus de trois mètres de haut, située à l'entrée du musée de la ville, détruit à coups d'explosifs les temples de Bêl et de Baalshamin ou encore réduit en poussière l'Arc de triomphe de la cité.

Le site assyrien de Khorsabad, dans le nord de l'Irak, a aussi été la cible des jihadiste de l'EI. En 2015, ils ont rasé certaines parties de la cité vieille de 2.700 ans, alors connue sous le nom de Dur-Sharrukin, dont le palais était gardé par des taureaux ailés à tête humaine.

La guerre menace la Grande Mosquée de Damas, édifiée au VIIIe siècle et un des derniers vestiges dans la ville du califat des Omeyyades, qui ont régné de la Syrie jusqu'à l'Espagne.

Quant au Krak des Chevaliers, forteresse construite à l'époque des Croisades entre le XIe et le XIIIe siècles, classée au patrimoine mondial par l'Unesco et située dans l'ouest de la Syrie, il a été transformé en champ de bataille au cours des dernières années.

- Les drones au secours du patrimoine -

Les images en 3D ont été réalisées par la société spécialisée Iconem qui travaille couramment en Syrie, en Irak et en Afghanistan.

"On utilise beaucoup les drones. Des algorithmes et de gros calculateurs nous permettent ensuite de reconstruire des environnements photo réalistes à partir de ces images", explique Yves Ubelmann, cofondateur de cette start up française.

Les performances de ces applications sont impressionnantes: à partir d'une photo en 3D des blocs de pierre sur le sol provenant des arches du temple de Bêl à Palmyre, détruit par l'EI, Iconem a pu reconstituer le puzzle et redonner vie à l'édifice.

Une vidéo montre aussi la destruction à coups d'explosifs en 2001 par les talibans des bouddhas géants de Bamiyan en Afghanistan.

"Nous avons retenu un patrimoine menacé par une situation de guerre", souligne Jean-Luc Martinez, auteur, à la demande du président français François Hollande, d'un rapport présentant 50 propositions sur la protection des oeuvres d'art dans les zones de conflit.

"Depuis Bamiyan, il y a une instrumentalisation de l'opinion publique par la destruction, c'est le terrorisme par l'image", ajoute le patron du Louvre. "Il nous appartient d'y répondre par la sensibilisation", avec par exemple des expositions au musée de Louvre-Lens, dans le nord de la France.

Les sites ont été choisis en liaison avec les collections du musée du Louvre, dont quelques très belles pièces sont exposées du 14 décembre au 9 janvier.

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