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13/12/2016 02:47 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Les forces pro-syriennes ont exécuté au moins 82 civils à Alep-Est (ONU)

Les forces soutenant le régime syrien ont exécuté au moins 82 civils, dont des femmes et des enfants, dans des quartiers d'Alep-Est qu'elles ont repris aux rebelles, a annoncé mardi l'ONU.

Lors d'une conférence de presse à Genève, le porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Rupert Colville, a indiqué que ces victimes, parmi lesquelles figuraient 11 femmes et 13 enfants, avaient été tuées "probablement au cours des dernières 48 heures" dans quatre différents quartiers d'Alep, la ville martyre du nord de la Syrie que le régime de Damas est sur le point de ravir aux rebelles.

"Nous avons été informés que des forces pro-gouvernementales ont pénétré dans des habitations et tué les civils qui s'y trouvaient, y compris les femmes et les enfants", a-t-il dit, parlant au total d'"au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, dans les quartiers de Boustane al-Qasr, Ferdous, Kallasé et Salhine".

M. Colville a reconnu qu'il était "incroyablement difficile de vérifier ces informations". "Toutefois, elles ont été corroborées par des multiples sources dignes de foi", a-t-il souligné.

Interrogé sur ce qu'il entendait par "forces pro-gouvernementales", le porte-parole a répondu: "c'est un mélange d'armée syrienne et de milices".

L'armée fidèle au président syrien Bachar al-Assad est soutenue par des militants du Hezbollah libanais, des combattants iraniens et des miliciens irakiens dans sa lutte contre les groupes armés d'opposition.

M. Colville a indiqué que selon des informations de plusieurs sources, "des dizaines de civils ont été abattus par balles lundi sur la place al-Ahrar dans le quartier de Kallasé et aussi dans le quartier de Boustane al-Qasr, par les forces gouvernementales et leurs alliés, dont apparemment le groupe armé irakien al-Nujabaa".

"Nous avons reçu hier soir des informations selon lesquelles de nombreux corps gisaient dans les rues, que les habitants ne pouvaient pas récupérer en raison des bombardements intensifs et de peur d'être la cible de tirs", a-t-il dit.

Interrogé sur la participation de combattants du Hezbollah ou de miliciens iraniens à ces exactions, le porte-parole a répondu qu'il n'avait "aucune information à ce sujet".

M. Colville a indiqué que certains civils ont réussi à s'enfuir lundi avant l'arrivée des forces pro-gouvernementales. "Mais d'autres ont été apparemment arrêtés et tués sur place", a-t-il dit. "On pense qu'il y a encore des milliers de civils dans les quartiers qui jusqu'à récemment étaient sous le contrôle de l'opposition, parmi lesquels des activistes et des membres de la Défense Civile qui risquent d'être arrêtés, torturés et tués", a-t-il averti.

Les groupes d'opposition ne tiennent plus aujourd'hui qu'un territoire limité de la ville d'Alep, qui peut désormais tomber à tout moment, ce qui constituerait pour le régime de Damas une victoire majeure.

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