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13/12/2016 11:41 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Le PDG d'ExxonMobil chef de la diplomatie américaine: le précédent Dick Cheney

La nomination mardi du PDG d'ExxonMobil Rex Tillerson comme chef de la diplomatie américaine évoque le précédent constitué par l'élection comme vice-président en 2000 de Dick Cheney, qui présidait auparavant aux destinées de l'entreprise de services pétroliers Halliburton.

Selon ses détracteurs, M. Tillerson, aura de la peine à dissocier ses nouvelles fonctions des intérêts établis à la tête du géant pétrolier américain ExxonMobil qui dispose d'importants intérêts dans le monde, notamment en Russie.

Agé de 64 ans, il devait prendre sa retraite l'an prochain mais disposera alors d'un important portefeuille d'actions du groupe ainsi que d'une retraite payée par ExxonMobil.

Lors qu'il s'était présenté en 2000 comme vice-président de George W. Bush, Dick Cheney était PDG d'Halliburton, deuxième société de services pétroliers mondiale, après avoir été secrétaire à la Défense de 1989 à 1993, soit pendant la première guerre du Golfe en 1991.

Cette situation avait suscité des critiques d'autant plus qu'initialement sélectionné par George W. Bush pour lui trouver un vice-président, M. Cheney avait conservé ses fonctions à la tête d'Halliburton avant de se choisir lui-même comme meilleur candidat au poste de numéro 2.

Il avait toutefois annoncé après sa nomination qu'il renoncerait aux stock-options accordées par Halliburton afin de ne pas créer de conflit d'intérêt. Il avait vendu les dernières en 2005 et utilisé le bénéfice pour créer un institut médical spécialisé dans les maladies cardiaques, dont il souffrait personnellement.

Mais le déclenchement de la deuxième guerre en Irak en 2003 avait relancé les accusations de collusion.

John Kerry, candidat démocrate à la présidentielle de 2004, à laquelle se représentaient George W. Bush et Dick Cheney, avait alors affirmé qu'Halliburton avait "profité du désastre en Irak aux dépens des soldats et contribuables américains".

Une filiale d'Halliburton, KBR, avait reçu d'importants contrats du Pentagone dont l'un, sans appel d'offres, pour la reconstruction du secteur pétrolier irakien.

Selon un rapport publié en 2007 par le Centre pour l'intégrité publique, basé à Washington, KBR était à ce moment le principal fournisseur de l'armée américaine, avec "plus de 16 milliards de contrats gouvernementaux de 2004 à 2006" tant en Irak qu'en Afghanistan. Le second était Dyncorp International avec seulement 1,8 milliard de dollars de contrats sur la même période.

Halliburton avait vendu KBR en 2007 mais cette entreprise avait ensuite été accusée d'avoir gonflé le prix du carburant fourni aux troupes américaines en Irak, et d'avoir livré à l'armée de l'eau impropre à la consommation. Plusieurs plaintes avaient ensuite été déposées aux Etats-Unis contre KBR.

M. Cheney a toujours refusé de fournir un rapport sur ses communications avec Halliburton alors qu'il était vice-président, comme le demandait l'opposition démocrate.

En 2010, le Nigeria avait également décidé d'abandonner les poursuites le visant pour une affaire de corruption dans le cadre de la construction d'une usine de gaz liquéfié dans le pays. Mais Halliburton avait accepté de payer plusieurs dizaines de millions de dollars pour mettre fin aux poursuites.

Dick Cheney a salué mardi la nomination de Rex Tillerson affirmant qu'il ferait "un excellent travail" comme chef de la diplomatie et qu'il le comptait parmi ses amis personnels.

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