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13/12/2016 03:59 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

Le gouvernement lituanien entre en fonction: défense et lutte contre les inégalités

Le nouveau Premier ministre lituanien Saulius Skvernelis et son gouvernement ont prêté serment mardi avec un programme axé sur la défense face à la Russie et la lutte contre les inégalités sociales.

M. Skvernelis, ancien chef de la police et ministre de l'Intérieur, a déclaré que le cabinet formé par son parti, l'Union des Paysans et des Verts (LGPU) et les sociaux-démocrates (SDE), s'emploiera à réduire les inégalités et à freiner l'émigration vers l'Occident de jeunes ressortissants de ce pays membre de l'Otan et de la zone euro.

Son programme a été voté mardi par 86 députés du parlement qui en compte 141. Trois d'entre eux ont voté contre et quarante se sont abstenus.

"Nous souhaitons que notre indice d'inégalité sociale tombe au moins au niveau de la moyenne dans l'UE. Aujourd'hui, notre résultat nous place sur la troisième ou quatrième place parmi les pires", a dit M. Skvernelis aux députés.

"Nous affirmons aussi la continuité de notre politique étrangère", a-t-il déclaré.

L'exode de jeunes - principalement vers la Grande-Bretagne -, a été le thème majeur de la campagne électorale alors que la population a baissé, de 3,5 millions en 2001 à 2,9 millions en 2015.

L'Union des Paysans et des Verts (LGPU), populaire surtout dans le milieu rural, a fait campagne en promettant aussi de réduire la pauvreté, de combattre l'alcoolisme, d'augmenter les allocations familiales et de changer le nouveau code du travail controversé, qui rend les licenciements plus faciles.

M. Skvernelis a été la tête de liste de la LGPU, mais n'y a pas adhéré formellement.

Son gouvernement devra répondre aussi aux inquiétudes que suscite dans la région la politique de Moscou, depuis son annexion de la Crimée et la militarisation accentuée de l'enclave russe de Kaliningrad, limitrophe de la Lituanie.

Le Premier ministre a promis de parvenir vers 2018 à porter les dépenses militaires à 2% du PIB, comme le souhaite l'Otan et le demande le président-élu américain Donald Trump.

Le chef de la diplomatie sortant, le social-démocrate Linas Linkevicius, connu pour ses critiques à l'égard du Kremlin, garde son portefeuille.

L'opposition conservatrice et libérale reproche d'ores et déjà à M. Skvernelis de n'avoir pas de stratégie pour attirer des investissements.

"Le manque d'ambition risque de faire tomber l'économie lituanienne dans le piège du revenu intermédiaire", a averti l'ancien chef de gouvernement conservateur Andrius Kubilius.

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