NOUVELLES
13/12/2016 03:10 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

La Grèce met au défi le FMI d'agir pour lui épargner plus d'austérité

La Grèce a jmis au défi mardi le FMI de passer aux actes contre la prorogation de l'austérité dans le pays, en réponse à un blog de deux responsables de l'institution.

Le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, s'est livré à une dénonciation en règle du double langage pratiqué, selon lui, par l'institution financière au premier jour de la reprise des négociations à Athènes entre la Grèce et ses créanciers, UE et FMI.

"Le FMI doit restaurer sa crédibilité", entamée par une série "d'erreurs", de "contradictions" et de "défauts d'expertise" sur la marche de l'économie grecque, en "insistant sur la nécessité de réduire à 1,5% du PIB les objectifs d'excédents primaires (hors service de la dette) assignés à la Grèce", a martelé M. Tzanakopoulos lors d'un point de presse.

Il répondait à deux responsables du FMI, dont son Monsieur Europe, Poul Thomsen, qui ont estimé dans un blog publié lundi que la Grèce n'avait pas besoin de plus d'austérité.

Mais selon Athènes, le FMI réclame dans le même temps de nouvelles mesures de rigueur si la zone euro, Allemagne en tête, persiste à assigner à la Grèce des excédents primaires de 3,5% du PIB à moyen terme après 2018, et à lui refuser un allègement substantiel de sa dette.

Les deux responsables plaident dans ce cas pour la fin d'exemptions fiscales jugées excessives et de nouvelles coupes dans les retraites. Les données qu'ils invoquent "sont mensongères" et la population grecque déjà trop paupérisée pour supporter de nouveaux sacrifices, a rétorqué M. Tzanakopoulos.

Il a réaffirmé le refus catégorique d'Athènes de légiférer pour proroger l'austérité au delà de 2018, à la fin du programme de redressement conclu en juillet 2015 en échange de nouveaux prêts au pays surendetté.

Il s'est toutefois voulu rassurant sur l'issue du bras de fer qui oppose de nouveau la Grèce à ses créanciers et ces derniers entre eux: "nous pensons qu'un point d'équilibre sera trouvé" pour permettre la conclusion de la deuxième revue du programme de redressement grec, dont dépend le maintien du pays sous perfusion financière, a-t-il affirmé.

C'est pour tenter de boucler ce chapitre, "au plus tard dans les premiers jours de janvier", que le gouvernement grec devait reprendre dans l'après-midi ses négociations à Athènes avec le quartet représentant ses créanciers.

Les discussions, qui butent aussi sur des mesures de dérégulation du marché du travail réclamées par le FMI, sont censées durer jusqu'à vendredi.

cb/hec/at