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13/12/2016 07:40 EST | Actualisé 14/12/2017 00:12 EST

GB/Pédopornographie: Moscou n'a pas piégé un dissident (expert)

Moscou a-t-il piraté l'ordinateur d'un dissident russe pour y placer des images pédopornographiques ? Non, a tranché mardi un expert au deuxième jour du procès à Cambridge de Vladimir Boukovski.

Jugé par la Cour royale de Cambridge, au nord de Londres, M. Boukovski, 73 ans, est accusé de fabrication et détention de milliers d'images pédopornographiques.

Inculpé en avril 2015 pour avoir détenu des images classées dans la "catégorie A", la plus extrême selon l'échelle retenue par les autorités britanniques, l'homme avait plaidé non coupable.

Son avocat, Francis FitzGibbon, a émis l'hypothèse mardi qu'une tierce partie ait pu introduire frauduleusement ces images sur l'ordinateur de son client, soulignant que l'Etat russe avait régulièrement recours au piratage informatique pour "faire valoir ses intérêts à travers le monde".

"Pouvez-vous exclure la possibilité que certains, ou la totalité des fichiers d'images indécentes retrouvés sur l'ordinateur de M. Boukovski, aient pu y être placés à son insu?", a demandé l'avocat à un expert en informatique mandaté par la Cour.

"Oui, je le peux", a tranché Howard Chivers, un informaticien qui a notamment travaillé pour le GCHQ, l'agence de surveillance britannique. Cet expert s'est prononcé après avoir pu examiner les fichiers récupérés sur l'ordinateur de l'ancien dissident soviétique et actuel opposant de Vladimir Poutine.

Lundi, le procureur Will Carter avait tenté de casser l'image de dissident héroïque de M. Boukovski, en affirmant que ce dernier avait "une autre facette, nettement moins digne de louanges": celle d'un homme animé par une "curiosité très prononcée" pour les enfants victimes d'abus.

Vladimir Boukovski, qui vit en Grande-Bretagne depuis 1977, avait été l'un des premiers à dénoncer l'emprisonnement psychiatrique pour les dissidents en URSS dans les années soixante-dix.

Il a passé lui-même 12 ans en détention dans son pays, avant d'être échangé contre l'ancien chef communiste chilien Luis Corvalan.

Ancien étudiant en biologie à l'Université de Cambridge, il a été ces dernières années un opposant féroce au président russe Vladimir Poutine.

Son procès doit durer de trois à cinq jours.

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