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10/12/2016 09:51 EST | Actualisé 10/12/2016 09:51 EST

La famille du géant Beaupré veut en savoir plus sur sa vie et sa mort

Le Canadien Édouard Beaupré mesurait plus de 2,5 m (8 pieds).

Radio-Canada

Le géant Beaupré est une figure légendaire de la Fransaskoisie. L'homme métis a fait couler beaucoup d'encre quand il était vivant et encore plus après sa mort, mais certains membres de sa famille croient qu'il y en a encore plus à apprendre à son sujet.

Jessie Short avait neuf ans quand elle a assisté aux funérailles de son arrière-grand-oncle, Édouard Beaupré, en 1990. Ses cendres avaient finalement été ramenées à Willow Bunch, 86 ans après sa mort en 1904. La jeune fille ne comprenait pas vraiment pourquoi elle était là ni qui était cet homme. C’est seulement plus tard qu'elle a réalisé à quel point il avait été connu.

Maintenant dans la trentaine, l’artiste multidisciplinaire a senti qu’elle était bien placée pour faire un documentaire à son sujet.

Elle suit ses traces depuis quelques années grâce à une bourse du Conseil des Arts du Canada.

À Willow Bunch, le village natal du géant Beaupré, les cousins de la réalisatrice Paul Lesperance et Nichole Lesperance-Gellner ont hâte de voir le résultat de ses recherches.

Une vie de nomade

À sa mort, Édouard Beaupré mesurait plus de 2,5 m (8 pieds). Son rêve était de devenir un cowboy, un rêve qu’il a dû abandonner en raison de sa taille exceptionnelle. C'est plutôt le monde du spectacle qui a voulu de lui pendant sa vie et également après sa mort.

Les recherches de Jessie Short l’ont amenée en Saskatchewan, au Manitoba, au Québec, mais aussi au sud de la frontière, à Washington, au Montana, en Californie et au Missouri. Au moment de l’entrevue, elle terminait ses recherches à Chicago et partait pour New York.

Même si l’histoire du géant Beaupré a été racontée à maintes reprises, Jessie n’est pas convaincue de la véracité de l’information qui est véhiculée. Sa propre quête pour la vérité n’est pas facile. Elle s'inspire des rencontres avec des membres de leur famille et de ses fouilles dans les archives, mais elle repart souvent bredouille de ces dernières.

Elle en a quand même découvert un peu plus sur les « performances » de son oncle, parfois dans des endroits bizarres ou des conditions douteuses, loin de la perception hollywoodienne qu’on pourrait avoir du monde du spectacle. Le géant a entre autres été exposé dans un placard à l’arrière d’un magasin, raconte-t-elle.

Je me suis rendu compte qu’à chaque endroit, je suis ses pas. Je suis aux mêmes endroits qu’il était, je me sens connectée à lui. - Jessie Short

L'histoire de la famille d'Édouard Beaupré doit être au coeur de ce documentaire, souligne Jessie Short. Elle croit que c'est le meilleur moyen de rapprocher le public à la vraie histoire de son arrière-grand-oncle. La réalisatrice a déjà envoyé au musée de Willow Bunch certaines trouvailles, comme son certificat de décès et une affiche pour une performance du géant.

Paul Lesperance et Nichole Lesperance-Gellner, petit-neveu et petite-nièce du géant, ont grandi en entendant les histoires de la vie spéciale de leur grand-oncle. À chaque rassemblement de famille, ils sortaient ses vêtements d'une valise et les histoires émergeaient.

Nichole est surtout fière que son père Ovila Lespérance, aujourd'hui décédé, ait réussi a ramener le géant Beaupré à Willow Bunch en 1990 pour finalement y être enterré. Le corps d'Édouard Beaupré appartenait auparavant à l'Université de Montréal; il avait été momifié et exposé. Ovila Lespérance était dégoûté de voir un membre de sa famille traité ainsi. La famille n'a jamais compris pourquoi le corps du géant n'a pas été renvoyé à la maison plus tôt après son décès.

Les employés et bénévoles du musée de Willow Bunch, dont fait partie Nichole, tentent depuis quelques années de produire un dépliant d'information sur le géant, mais il reste encore bien des questions sans réponses.

Nichole Lesperance-Gellner attend le résultat des recherches de sa cousine pour terminer le dépliant du musée. Jessie Short espère, quant à elle, que son documentaire sera terminé d’ici deux ans. Elle encourage quiconque qui a de l’information au sujet de son arrière-grand-oncle de communiquer avec elle.