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09/12/2016 08:17 EST | Actualisé 09/12/2016 08:17 EST

Des milliers de réfugiés syriens attendent toujours l'appel du Canada

Les milliers de réfugiés syriens qui ont vu leur demande acceptée par le Canada et attendent de venir s'y installer - tout comme les milliers d'autres dont le dossier est à l'étude - devront s'armer de patience puisque le nombre de réfugiés qu'Ottawa prévoit accueillir au pays au cours de l'année qui vient est beaucoup plus faible qu'en 2016.

Selon Immigration et Citoyenneté Canada, il y a 4264 Syriens dont la demande de statut de réfugié a été acceptée et qui attendent toujours de s’envoler pour le Canada.

De ce nombre, il faut ajouter un autre contingent de 25 756 demandeurs du statut de réfugiés qui attendent que leur dossier soit traité.

Le directeur des services d’accueil au sein de la société des services aux immigrants de la Colombie-Britannique, Chris Friesen, a qualifié le processus accéléré mis en place en 2016 d’« audacieuse mission humanitaire ».

« L’opération a capté l’attention du monde entier et, bien sûr, capté l’intérêt des Syriens pour la région », a-t-il poursuivi.

La réduction du nombre de réfugiés qui seront admis au pays l’an prochain combinée au grand nombre de demandes déjà déposées auprès des services d’immigration - et qui doivent être traitées - feront en sorte que les familles syriennes espérant venir s’établir au Canada pourraient devoir attendre plusieurs années.

En se basant sur le temps de traitement des demandes et le retard accumulé à ce jour, M. Friesen indique que « le gouvernement pourrait mettre trois ans pour traiter les demandes de parrainages privés déjà déposées ».

Le gouvernement fédéral indique que les cibles de 2017 seront effectivement plus faibles que celle de 2016, qu’il qualifie de « cibles extraordinaires ». Les cibles 2016 étaient de 55 800 réfugiés. La cible 2017 s’élève à 40 000 réfugiés, un total qui inclus les réfugiés de toute provenance et non seulement de Syrie.

Des retards frustrants

Lifeline Syria, une agence de parrainage de Toronto, a dû fermé les demandes de parrainages privés. Il y a déjà trop de familles embourbées dans le système d’immigration qui attendent de venir s’établir au Canada. « C’est frustrant, vous voulez simplement aider quelqu’un dans le besoin et vous voulez qu’ils soient aidés le plus tôt possible », explique une responsable de l’organisme Roncesvilles Refugees Relief, Joanne Green.

L’organisme de Mme Green, qui a amassé suffisamment d’argent pour parrainer deux familles syriennes, a attendu plus de sept mois avant de voir arriver la première famille.

Mme Green affirme que son organisation a été frustrée de ne pas connaître le temps d’attente auquel la famille était confrontée. « Nous n’avons reçu que très peu d’informations une fois que la demande a été déposée », poursuit-elle.

Il y a maintenant près d’un an que les premiers réfugiés sont débarqués au Canada et quelques agences de parrainage dressent leur bilan. Le service d’immigration de la Colombie-Britannique a mené un sondage auprès de 300 foyers syriens arrivés dans la province au cours de la dernière année et certaines tendances se dessinent :

  • 17 % des migrants sondés disent avoir trouvé un travail à temps plein ou partiel;
  • 75 % se sont inscrits à des cours d’anglais
  • 15 % ont fait état de symptômes de trauma non traité
  • 75 % ont des membres de leur famille demeurés au Moyen-Orient qui veulent venir au Canada

Immigration et Citoyenneté Canada s’emploie à finaliser un rapport intitulé « Évaluation rapide des impacts » qui scrutera l’adaptation des 26 000 réfugiés qui sont arrivés au pays de décembre 2015 à mars 2016. Le gouvernement n’entend toutefois pas révéler ses conclusions.