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08/12/2016 02:39 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Russie: cinq ans de prison requis contre une étudiante accusée de vouloir rejoindre l'EI

Le parquet russe a requis jeudi cinq ans de prison contre une étudiante russe de 21 ans, accusée d'avoir tenté de rejoindre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie.

Varvara Karaoulova, étudiante en philosophie à l'université d'Etat de Moscou (MGU), avait été arrêtée en Turquie, il y a un an, alors qu'elle s'apprêtait à passer la frontière syrienne pour rejoindre, selon elle, son amoureux en Syrie où il combat pour l'EI.

Accusée d'avoir voulu rallier "une organisation considérée comme terroriste par les lois russes", l'étudiante rejette ces accusations, affirmant qu'elle souhaitait uniquement retrouver l'homme dont elle était tombée amoureuse sur internet.

Le parquet a cependant assuré jeudi que sa "culpabilité est entièrement prouvée" et estimé que la jeune fille représente "un danger public": elle peut devenir kamikaze depuis son retour en Russie. Selon l'accusation, elle doit être "isolée de la société" pour ne plus être dangereuse.

L'avocat de l'étudiante, Ilia Novikov, a dénoncé une tentative des autorités russes de se servir de sa cliente "pour montrer aux autres jeunes filles qu'elles ne doivent pas rejoindre l'EI". "Varvara Karaoulova n'était pas membre de l'EI (...), elle est allée en Syrie sans vraiment savoir ce qu'elle ferait" là-bas, a-t-il insisté.

Le jugement est attendu dans les prochains jours.

Rapatriée en Russie après son arrestation en juin 2015 en Turquie, Varvara Karaoulova avait d'abord été relâchée, les enquêteurs estimant qu'elle n'avait commis aucun délit. Mais en octobre de la même année, elle avait de nouveau été arrêtée et incarcérée dans l'attente de son procès.

Si les procès contre les aspirants jihadistes se multiplient en Russie, avec parfois à la clé des peines sévères, cette jeune fille fait figure d'exception: la plupart des prévenus sont originaires du Caucase russe à majorité musulmane tandis qu'elle est née et a grandi à Moscou.

Près de 7.000 ressortissants de l'ex-URSS, dont environ 2.900 Russes selon les services russes de sécurité, ont rejoint les groupes jihadistes en Irak et en Syrie, notamment au sein de l'organisation Etat islamique, leur fournissant parmi les plus importants contingents de combattants étrangers.

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