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08/12/2016 07:33 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Rosneft privatisé: bonne nouvelle pour la Bourse, symbole pour le Kremlin

Les investisseurs ont applaudi jeudi la vente par l'Etat russe de 19,5% du capital du géant pétrolier Rosneft au Qatar et au négociant en matières premières Glencore, présentée par le Kremlin comme une preuve de l'attractivité de la Russie malgré les sanctions et la crise.

Cette opération de plus de dix milliards d'euros, la plus grosse fusion-acquisition dans le secteur énergétique cette année, a été accueillie par un bond de 5,5% de l'action Rosneft à la Bourse de Moscou.

L'entreprise est ainsi valorisée à environ 58 milliards d'euros au taux actuel, confirmant son statut acquis récemment de première capitalisation boursière en Russie.

Cette privatisation partielle annoncée mercredi soir par le Kremlin va permettre au gouvernement russe de réduire in extremis son déficit budgétaire de cette année, tout en gardant un peu plus de 50% du groupe.

Elle était attendue mais l'identité des acheteurs a constitué une surprise tant l'opération était difficile, par sa valeur, le caractère stratégique de l'entreprise et le fait qu'elle soit visée par des sanctions américaines à cause de la crise ukrainienne.

Reçu par Vladimir Poutine devant les caméras, l'influent patron de Rosneft Igor Setchine a souligné que le prix obtenu représentait "le maximum possible avec une remise minimale, de 5% sur le cours du 6 décembre".

Selon M. Setchine, Glencore et le Qatar seront présents à égalité dans le consortium et l'opération sera financée en partie par ses propres fonds et un crédit accordé par "une grosse banque européenne".

Il a indiqué avoir négocié cette opération "avec plus de 30 entreprises, fonds, investisseurs institutionnels, instituts financiers des pays d'Europe, d'Amérique, du Proche-Orient, de la région Asie-Pacifique". Il a également salué l'implication "personnelle" de Vladimir Poutine dans cette affaire.

Jeudi, le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov, a cependant rejeté toute dimension "politique" à l'accord obtenu: "La transaction est purement commerciale".

"Une fois de plus nous avons constaté que les actifs russes (...) présentent un grand intérêt pour les investisseurs à la fois dans notre pays comme à l'étranger", a-t-il souligné.

Le Kremlin ne cesse de répéter que la Russie reste un marché attractif malgré les sanctions dues à la crise ukrainienne. La privatisation de Rosneft constitue d'autant plus un symbole de sa capacité à briser l'isolement voulu par les Occidentaux que le groupe apparaît nommément dans la liste noire américaine.

bur-gmo/kat/ger

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