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08/12/2016 04:17 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Nouvelle bourde diplomatique de Boris Johnson, recadré par Downing Street

La chef du gouvernement britannique a recadré jeudi son incontrôlable ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, qui avait dénoncé sur un ton peu diplomatique les "guerres par procuration" menées selon lui par Ryad, un allié de Londres.

Ces propos reflètent "la position personnelle du ministre des Affaires étrangères. Ce n'est pas la position du gouvernement", a déclaré le porte-parole de Theresa May lors d'un point presse régulier.

Il a également souligné que Boris Johnson, qui sera en visite en Arabie saoudite dimanche, allait pouvoir "exposer la manière dont le Royaume-Uni voit sa relation avec l'Arabie saoudite et le travail que nous voulons accomplir avec eux et d'autres partenaires de la région pour mettre fin au conflit épouvantable au Yémen".

Mme May, qui vient de participer au sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Bahreïn, y a déclaré que son pays était prêt à contribuer au renforcement de la sécurité des pays arabes du Golfe face à "l'agressivité" de l'Iran notamment, y compris par des investissements dans la défense et la formation militaire.

Dans des propos enregistrés lors d'une conférence organisée la semaine dernière à Rome sur le thème du dialogue méditerranéen, et diffusés sur le site internet du quotidien The Guardian, Boris Johnson s'en prenait à l'Arabie Saoudite et à l'Iran.

"Il y a des responsables politiques qui détournent et abusent de la religion et des différentes branches de la même religion dans le but de poursuivre leurs objectifs politiques", déclarait-il.

"La tragédie pour moi (...) c'est qu'il n'y a pas assez de leadership fort", "pas assez de responsables d'envergure" prêts à "aller au delà de leur (groupe) sunnite ou chiite", ajoutait-il.

"C'est pourquoi vous avez les Saoudiens, l'Iran, tout le monde, qui s'installent, jouent les marionnettistes et mènent des guerres par procuration", disait-il.

Interrogé également sur ces propos, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères s'est attaché à minimiser leur portée.

"Nous sommes alliés avec l'Arabie saoudite et la soutenons dans ses efforts pour sécuriser ses frontières", a-t-il dit. "Prétendre le contraire serait faux et constituerait une mauvaise interprétation des faits".

La nomination de Boris Johnson aux Affaires étrangères avait suscité la surprise en juillet dernier, le caractère imprévisible de l'ancien maire conservateur de Londres semblant aux yeux de certains commentateurs peu compatible avec les exigences de la diplomatie internationale.

M. Johnson a en effet accumulé les gaffes et boutades plus ou moins drôles au fil des ans, allant jusqu'à décrire Hillary Clinton comme une femme au "regard bleu acier comme une infirmière sadique".

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