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08/12/2016 02:45 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Moscou dénonce le "mythe d'une menace russe" en Europe

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a dénoncé jeudi le "mythe d'une menace russe", accusant à l'inverse le bellicisme occidental de déstabiliser l'Europe, lors de la rencontre annuelle des ministres des Affaires étrangères de l'OSCE.

"Seul un dialogue d'égal à égal permettra de créer l'atmosphère nécessaire à une analyse objective des potentiels militaires (russes et occidentaux) en Europe", a-t-il souligné lors de cette réunion à Hambourg (nord de l'Allemagne) de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

"Sortons ensemble une carte de l'Europe et voyons ce qui est où et à qui. Nous sommes convaincus que cette analyse démontrera de manière convaincante le mythe de la menace russe et démontrera d'où provient la vraie menace", a-t-il dit, en référence à l'élargissement et aux déploiements de troupes de l'Otan à l'Est que Moscou ne cesse de dénoncer comme une atteinte à sa sécurité.

M. Lavrov a aussi clairement signifié que les interventions occidentales au Moyen-Orient ont déstabilisé la région au point de menacer la sécurité européenne, alors que Russie et Occidentaux s'accusent entre autres depuis longtemps d'attiser la guerre civile en Syrie.

"Une conversation honnête doit avoir lieu sur les causes de la crise migratoire en Europe qui est le résultat de l'ingérence grossière dans les affaires intérieures de pays du Moyen-Orient et en Afrique du Nord, conduisant au chaos, au terrorisme", a souligné M. Lavrov.

Sur le conflit dans l'est de l'Ukraine, il a jugé que c'était Kiev qui réduisait à néant les efforts de paix en refusant un dialogue direct avec les rebelles pro-russes du Donbass.

A l'inverse, Pavlo Klimkine, le chef de la diplomatie ukrainienne, a lancé une violente charge contre "l'agression russe" et réclamé une fois de plus le déploiement d'une mission policière armée de l'OSCE dans la zone de conflit et à la frontière russo-ukrainienne.

L'Allemagne, qui présidait cette année l'OSCE, une organisation créée durant la guerre froide pour promouvoir le dialogue Est-Ouest, a constaté la dégradation des relations au sein de cette institution et a appelé à un sursaut.

"Les piliers (de l'OSCE) s'effritent, le ton devient toujours plus dur entre Est et Ouest", a relevé le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier. "Nous avons besoin de réponses communes face aux nouveaux défis du terrorisme, de l'extrémisme, des cyberattaques. Nous devons rebâtir la confiance perdue".

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