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08/12/2016 01:44 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Les eurodéputés Verts dénoncent les "montages fiscaux" de l'espagnol Zara

Les eurodéputés Verts accusent Zara et sa maison mère Inditex d'avoir élaboré des "mécanismes d'optimisation fiscale" lui évitant de payer plus d'un demi-milliard d'euros d'impôt, dans un rapport présenté jeudi, aussitôt contesté par la chaîne de vêtements espagnole.

Dans un rapport de 36 pages, les eurodéputés Verts détaillent les "stratégies fiscales agressives" du groupe qui profite notamment de la faible imposition sur les bénéfices en vigueur dans certains pays comme les Pays-Bas, l'Irlande et la Suisse.

"Inditex estime que ce rapport est fondé sur des hypothèses erronées qui conduisent à des conclusions fausses", a réagi le groupe dans un communiqué.

"Les clients de Zara s'attendent à ce que l'entreprise, particulièrement prospère, paye sa juste part d'impôt à la collectivité. Les consommateurs sont trompés", a lancé Eva Joly, eurodéputée des Verts, vice-présidente de la Commission d'enquête sur les Panama Papers.

"C'est aussi une concurrence déloyale inacceptable avec toutes les PME du textile qui, elles, jouent le jeu. Bercy doit ouvrir une enquête pour faire toute la lumière que les montages fiscaux de Zara", a réclamé Mme Joly.

"Il est temps pour les gouvernements de l'UE de mettre en place une nouvelle série de mesures, longtemps défendues par les écologistes. La transparence financière publique pays par pays et un taux minimal d'imposition des sociétés contribueraient à freiner la concurrence fiscale et à modifier les bénéfices", a pour sa part déclaré Pascal Durand, eurodéputé Verts, membre de la commission d'enquête sur le Panama Papers.

Zara et sa maison mère Inditex est le troisième groupe dans le collimateur des Verts, qui ont déjà épinglé en février dernier le géant de l'ameublement suédois Ikea et début novembre le groupe chimique allemand BASF pour leurs "astuces fiscales".

Des accusations qui ont été contestées par les deux groupes.

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