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08/12/2016 17:59 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Le Venezuela s'accorde avec l'ONU pour se procurer des médicaments

Le Venezuela, frappé par une grave crise politique et économique, va accroître sa coopération avec les Nations unies pour obtenir davantage de médicaments qui font cruellement défaut à son système de santé totalement démuni, a annoncé la ministre des Affaires étrangères jeudi.

"Nous allons étendre notre coopération afin d'acquérir des médicaments qui permettront de consolider et d'améliorer notre approvisionnement", a déclaré Delcy Rodriguez sur la chaîne d'Etat VTV, après une réunion avec des représentants de l'ONU et de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Caracas.

Mme Rodriguez n'a pas précisé le volume, ni le type de médicaments dont le Venezuela pourra bénéficier, mais elle a assuré que l'accord trouvé avec les deux organisations permettrait de fournir à la population des médicaments "à des prix tout à fait abordables".

L'opposition au gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro réclame que le Venezuela soit déclaré en situation de "crise humanitaire" en raison du manque criant d'aliments, de biens de consommation courants et de médicaments. Ses sympathisants affirment de leur côté que ces pénuries sont à mettre sur le compte d'une "guerre économique" menée par certains chefs d'entreprise contre le chef de l'Etat.

Le président de la Fédération médicale du Venezuela Douglas Leon Natera a affirmé jeudi que les hôpitaux vénézuéliens ne fonctionnaient qu'avec seulement 3% des médicaments et du matériel nécessaires.

L'un des sujets abordés dans le cadre des négociations entamées en octobre entre le pouvoir et l'opposition est justement l'approvisionnement du pays en aliments et en médicaments.

Le dialogue, mené sous l'égide du Vatican et de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), a été rompu mardi par l'opposition qui accuse le gouvernement de ne pas respecter les accords conclus pour tenter de sortir le pays de l'impasse.

Carlos Ocariz, l'un des négociateurs de l'opposition regroupée autour de la Table de l'unité démocratique, a salué l'annonce de la ministre des Affaires étrangères, tout en s'exclamant sur Twitter: "combien de vies auraient pu être sauvées si cela avait été fait avant. C'est ce que nous avions exigé il y a 11 mois!".

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