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07/12/2016 23:16 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Le Pakistan en quête de réponses après l'accident d'avion

Les autorités pakistanaises tentaient jeudi d'établir les causes du crash d'un avion de ligne la veille dans une zone difficile d'accès du nord du pays et d'identifier les corps des victimes.

L'avion, un ATR-42 de la compagnie nationale Pakistan International Airlines (PIA) qui reliait la région montagneuse touristique de Chitral (nord) à la capitale Islamabad avec près de cinquante personnes à bord, a heurté de plein fouet un versant de colline en fin d'après-midi mercredi et s'est embrasé aussitôt.

L'impact a pulvérisé l'appareil, ne laissant aucune chance de survie aux passagers, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place. Les causes de l'accident, qui s'est produit dans une zone reculée non loin de la localité de Havelian, dans le district d'Abbottabad, sont à ce stade inconnues.

"La boîte noire a été retrouvée", a indiqué à l'AFP un porte-parole de PIA, Danyal Gilani. "L'enquête est en cours mais il faudra du temps pour établir les causes du crash", a-t-il ajouté.

Un responsable sur le site du crash a toutefois précisé qu'une deuxième boîte noire était toujours recherchée.

"Nous avons une équipe de trois enquêteurs sur place, qui recueille des éléments. L'enquête pourrait prendre un mois ou plus", a déclaré de son côté à l'AFP Muhammad Irfan Elahi, secrétaire au gouvernement en charge de l'aviation.

"Un des moteurs de l'appareil est tombé en panne après le décollage de Chitral et le pilote en a informé la tour de contrôle. Mais l'avion avait reçu le feu vert pour le vol et c'est pour cela qu'il a volé. S'il ne l'avait pas reçu, il n'aurait pas décollé", a-t-il insisté.

Tous les 47 passagers et membres d'équipage sont décédés, a indiqué PIA, révisant un précédent décompte faisant état de 48 passagers. Parmi eux figuraient deux Autrichiens et un Chinois.

Les corps, carbonisés et méconnaissables, ont été récupérés par les équipes de secours et par des villageois locaux, puis transportés dans la nuit vers l'hôpital de la ville la plus proche, Abbottabad, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest).

Six d'entre eux ont déjà pu être identifiés grâce à leurs empreintes digitales, les autres le seront par des analyses ADN, a indiqué un responsable de l'hôpital Ayub à Abbottabad, Ali Baz.

Les corps étaient en cours de rapatriement par hélicoptère vers la capitale Islamabad où les échantillons ADN prélevés seront analysés. "Aucun corps n'était intact, on a rassemblé ce qui pouvait l'être", a déclaré un autre cadre de cet hôpital, Muhammad Abbas.

Des cercueils ont été apportés tôt jeudi à la morgue d'Abbottabad, à l'entrée de laquelle la liste des victimes identifiées était affichée sur un mur, a constaté l'AFP.

- "Revoir son visage" -

Une cinquantaine de proches des victimes se sont rassemblés dans une tente érigée à leur intention près de l'hôpital PIMS d'Islamabad, où ils peuvent donner des échantillons d'ADN en vue de l'identification des corps. Beaucoup, en larmes s'enlaçaient ou tentaient de se réconforter mutuellement.

"Mon ami est mort dans l'accident. C'est une vraie tragédie pour moi car c'était mon ami d'enfance", a déclaré à l'AFP un homme présent, Murad Khan, originaire de Chitral.

"Les membres de sa famille ne sont pas encore arrivés et je travaille à Islamabad, donc je suis venu récupérer sa dépouille, mais je ne sais pas encore si je pourrai revoir son visage une dernière fois ou pas", a-t-il ajouté.

"Ma mère est morte dans le crash", a témoigné un autre homme, Raja Aamir, originaire de Faisalabad. "Sa mort soudaine est une grande perte pour notre famille. Entre 40 et 50 membres sont arrivés ici à Islamabad. Les autorités disent qu'il faudra sept à dix jours pour examiner l'ADN et ensuite ils remettront les dépouilles".

La PIA a annoncé qu'une somme de 500.000 roupies (environ 5.000 USD) serait versée à chaque famille ayant perdu un proche pour couvrir les frais des funérailles. Une aide financière sera en outre versée ultérieurement, a indiqué la compagnie aérienne dans un communiqué.

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