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08/12/2016 11:46 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Lavrov annonce un arrêt des frappes syriennes à Alep, tractations avec Kerry

L'armée syrienne a interrompu ses opérations de combat à Alep pour permettre l'évacuation des civils, a annoncé jeudi à Hambourg le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe a également poursuivi jeudi ses tractations avec son homologue américain John Kerry arrivé dans l'après-midi à Paris, selon un diplomate du département d'Etat.

"Je peux vous dire qu'aujourd'hui, les opérations de combat de l'armée syrienne ont été interrompues dans l'est d'Alep parce qu'il y a une grande opération en cours qui est l'évacuation des civils", a déclaré M. Lavrov en marge d'une réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), cité par les agences russes.

"Il va y avoir une colonne d'évacuation de huit mille personnes, leur itinéraire fait cinq kilomètres", a poursuivi Sergueï Lavrov qui participait à cette réunion.

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a estimé que "c'est une indication que quelque chose de positif pourrait se produire".

M. Lavrov a par ailleurs annoncé que des tractations militaires et diplomatiques russo-américaines se tiendront samedi à Genève "pour terminer le travail (...) définissant les moyens de résoudre les problèmes d'Alep-est".

Ces tractations étudieront notamment des plans d'évacuation des combattants rebelles et des civils qui le souhaitent, selon le chef de la diplomatie russe.

M. Lavrov s'était brièvement entretenu avec M. Kerry jeudi midi en marge de la réunion de l'OSCE à Hambourg et les deux hommes s'étaient rencontrés la veille au soir dans un grand hôtel de cette ville du nord de l'Allemagne.

Mais ils n'avaient pas réalisé de percée sur un projet de cessation des combats et d'évacuation des rebelles et civils d'Alep, où la rébellion est sur le point de perdre ses derniers bastions face aux troupes du régime syrien soutenues par la Russie et l'Iran.

Les deux ministres se sont encore téléphonés jeudi soir après l'arrivée de John Kerry à Paris, a indiqué un responsable du département d'Etat.

"Il sont tombés d'accord pour continuer de discuter de la mise sur pied d'un cadre pour un cessez-le-feu et plus précisément de l'acheminement de l'aide humanitaire et de la possibilité que les gens puissent quitter Alep en sécurité", a expliqué ce diplomate américain aux deux journalistes voyageant avec M. Kerry.

Mais il n'a pas souhaité se prononcer sur la "véracité" des propos de M. Lavrov concernant l'arrêt des frappes syriennes, ni sur ceux concernant la réunion à Genève samedi entre diplomates et militaires américains et russes.

"Evidemment, si c'est vrai et qu'il y a moins d'effusion de sang, c'est une bonne chose", s'est-il borné à dire.

MM. Kerry et Lavrov, qui discutent depuis trois ans d'un règlement du conflit syrien, s'étaient encore vu à Rome le 2 décembre et se seraient mis d'accord sur un plan d'évacuation des civils et des rebelles d'Alep-Est et sur un nouveau cessez-le-feu.

Des tractations techniques russo-américaines devaient se tenir mardi à Genève mais elles avaient été annulées et M. Lavrov en avait rejeté la responsabilité sur la partie américaine. Ce que John Kerry avait réfuté.

Mardi, le secrétaire d'Etat sortant, qui quittera ses fonctions le 20 janvier, avait plaidé pour une relance des négociations politiques entre le régime syrien et l'opposition, avec l'aide de la Russie, alliée du président Bachar al-Assad.

L'annonce de M. Lavrov intervient alors que six pays occidentaux, dont les Etats-Unis, ont appelé mercredi à un "cessez-le-feu immédiat" devant la "catastrophe humanitaire" à Alep, exhortant la Russie et l'Iran à "user de leur influence" sur le régime syrien pour y parvenir.

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