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08/12/2016 00:07 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

La Chine prête à ouvrir davantage certains secteurs aux investisseurs étrangers

La Chine s'est dite prête à faciliter les investissements étrangers dans certains secteurs cruciaux, du tourisme aux technologies de pointe, une façon de contredire les accusations de protectionnisme mais aussi de limiter les effets d'une hémorragie de capitaux hors du pays.

Les restrictions drastiques imposées aux investisseurs étrangers pourraient être sélectivement assouplies, a indiqué la Commission nationale pour la réforme et le développement (NDRC)dans une circulaire diffusée mercredi soir.

Cette puissante agence de planification économique a détaillé l'éventail des secteurs concernés: électronique pour l'automobile, batteries de voitures, équipements ferroviaires, transformation de produits agricoles, chimie, parcs de loisirs et golfs, fabrication de motos...

Autant de domaines où les entreprises étrangères étaient soient bannies, soient encadrées par de sévères limitations.

Les médias officiels saluaient jeudi cette annonce en insistant sur la nécessité d'attirer davantage de capitaux et surtout de technologies étrangères dans un secteur manufacturier à la peine --en particulier dans les nouvelles énergies ou véhicules verts.

Hasard du calendrier, le constructeur allemand Daimler vient juste de dévoiler en début de semaine son intention d'établir en Chine une usine de batteries et de fabriquer dans le pays des voitures électriques.

Au total, seuls 62 secteurs figureraient désormais dans la liste "négative" des secteurs où les investissements étrangers sont interdits ou limités, contre 95 l'an dernier. Ce qui amène les chambres de commerce occidentales en Chine à déplorer l'injustice de l'environnement économique chinois.

Mais de l'avis des analystes, cette "libéralisation" inattendue et précipitée s'explique surtout par le besoin des autorités de juguler les fuites de capitaux hors du pays.

Celles-ci sont alimentées par des épargnants et firmes chinoises inquiets d'une conjoncture morose et de l'alarmante dépréciation du yuan, et préférant se réfugier vers des placements jugés plus sûrs et rémunérateurs à l'étranger.

Faute d'interrompre complètement l'hémorragie, Pékin cherche à gonfler les investissements vers la Chine, ce qui lui garantirait au moins un afflux de devises étrangères.

"Les autorités étaient de toute façon résolues à assouplir les restrictions imposées aux investisseurs étrangers", indique à l'AFP Liao Qun, économiste de Citic Bank International. "Mais elles ont décidé d'avancer l'application de la mesure, parce qu'elles ont terriblement besoin d'argent frais afin de compenser la saignée des réserves de change, qui ont plongé de façon vertigineuse cette année".

Pékin puise abondamment dans ses réserves de change (qui ont encore plongé de 69 milliards de dollars en novembre) pour racheter des yuans et soutenir ainsi le cours de sa monnaie, mis à mal par les fuites de capitaux.

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