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08/12/2016 17:35 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

L'Agence mondial antidopage critique la sélection d'Isinbayeva

L'Agence mondiale antidopage (AMA) et la Russie sont déjà à couteaux tirés, alors que Yelena Isinbayeva a été nommée vendredi à la tête d'un nouveau panel de supervision de l'agence russe contre le dopag, la RUSADA.

L'AMA a protesté après ne pas avoir été consultée sur la formation d'un nouveau panel de supervision de l'agence russe, la RUSADA, dirigée par Yelena Isinbayeva, l'une des plus sévères critiques de l'agence mondiale.

Une nomination qui survient alors que sera devoilé vendredi le deuxième Rapport McLaren sur les allégations de dopage systématique des athlètes russes.

Isinbayeva, championne de saut à la perche qui s'est retirée quand l'équipe d'athlétisme russe a été bannie des Jeux olympiques de Rio de Janeiro, a déclaré que les preuves de l'AMA ne sont pas fondées.

C'est elle qui devra maintenant convaincre l'agence de mettre fin à la suspension de la Russie.

L'AMA prétend de son côté que cette nomination -- approuvée par le ministère des Sports de la Russie -- rompt l'entente spécifiant qu'elle aurait son mot à dire sur les nominations importantes avant qu'elles ne soient annoncées.

« Nous exprimerons nos préoccupations directement aux autorités russes afin de nous assurer que nous pourrons fonder une organisation antidopage qui répond au code et qui saura répondre aux attentes internationales », a avoué l'AMA dans un communiqué.

« L'AMA s'attendait à être consultée sur des enjeux importants tels que le mandat du conseil ainsi que la structure de l'agence avant la nomination publique de personnes dans ces rôles clés, comme cela a été souligné dans les exigences fondamentales de la feuille de route transmise à la RUSADA en novembre », a ajouté l'AMA.

Isinbayeva est devenue une membre du Comité international olympique (CIO) en août, et elle est également une candidate pour le poste de président de la Fédération russe d'athlétisme.

Elle ne fait pas partie du comité exécutif du CIO, qui a prolongé mercredi les sanctions contre la Russie à la veille de la publication de la deuxième partie du rapport de l'enquêteur de l'AMA Richard McLaren portant sur les stratagèmes de dissimulation du dopage dans le pays.

Isinbayeva, qui a été nommée au sein du comité de la RUSADA mercredi, a déjà déclaré que les allégations de McLaren envers la Russie n'ont jamais été prouvées et demandé que l'athlète devenue dénonciatrice Yulia Stepanova soit suspendue à vie.

« Nous avons été suspendus sans preuve, de manière grossière et irrespectueuse. Nous n'avons jamais obtenu l'opportunité de nous justifier », avait dit Isinbayeva lors d'un discours très émotif au Kremlin, en juillet.

Outre Isinbayeva, le nouveau comité formé de 10 membres compte aussi dans ses rangs un des hauts dirigeants du ministère des Sports, Vadim Bairamov.

Une nomination contradictoire aux nombreuses promesses du gouvernement russe au cours des derniers mois, où il avait accepté de mettre fin aux liens entre la RUSADA et le ministère.

D'autres hauts dirigeants du ministère ont déjà été accusés d'avoir contribué à la dissimulation de centaines de tests antidopage positifs.

En plus de devoir assurer la liaison avec l'AMA, le comité de supervision d'Isinbayeva sera également responsable de nommer le directeur exécutif de la RUSADA lors d'une rencontre plus tard ce mois-ci.

Le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitry Peskov, a mentionné que les autorités russes appuieront les athlètes « propres ».

Peskov a aussi critiqué le travail de McLaren.