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08/12/2016 07:27 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Kenya: le personnel médical en grève menace de fermer les établissements privés

Les médecins et infirmières kényans ont menacé jeudi, après l'échec de négociations avec le gouvernement, d'étendre aux établissements privés la grève qui paralyse depuis lundi les hôpitaux publics du pays.

"Il est important que les Kényans sachent que nous ne haïssons pas notre travail. Au contraire, nous l'aimons, mais nous en sommes arrivés au point où nous devons dire au gouvernement que nous sommes sérieux cette fois-ci", a déclaré à l'AFP Eunice Ngare, un infirmière, lors d'une manifestation dans le centre de Nairobi.

Les hôpitaux publics sont désertés depuis lundi par environ 5.000 professionnels de la santé qui réclament une multiplication par quatre des salaires des médecins, et une hausse de 25 à 40% de ceux des infirmières. Ces augmentations avaient été prévues aux termes d'un accord de négociation collective de 2013 qui n'a jamais été appliqué, selon les syndicats.

Des malades ont été invités à aller voir ailleurs, d'autres laissés sans soins dans des hôpitaux. Certains ont été dirigés vers des hôpitaux privés, que la majorité de la population ne peut pas s'offrir financièrement. Selon le président kényan Uhuru Kenyatta, au moins 14 patients sont décédés dans des hôpitaux publics en raison du manque de soins.

Mercredi, le gouvernement a proposé notamment un salaire de 176.000 shillings par mois (1.626 euros) pour les médecins les moins bien payés, soit une hausse de 50.000 shillings kényans (442 euros), une offre que les syndicats ont rejetée.

"Nous souhaitons être clairs: la grève ne cessera que lorsque l'accord de négociation collective sera appliqué, on se paye la tête des médecins depuis trop longtemps dans ce pays", a soutenu Ouma Oluga, un responsable du syndicat kényan des médecins, pharmaciens et dentistes. Si le gouvernement n'accède pas à ces revendications, "tous les hôpitaux, privés ou publics, seront fermés" à partir de mardi prochain, a-t-il lancé.

Un juge a de son côté convoqué des responsables de ce syndicat pour une comparution mardi, menaçant de lancer des mandats d'arrêt s'ils refusaient d'obéir à une décision de justice ordonnant la fin de la grève.

"Nous sommes prêts à dialoguer avec nos médecins et infirmières, soyons attentifs aux vies de nos citoyens", a de son côté déclaré le président Kenyatta.

Les grévistes, qui dénoncent la corruption endémique gangrénant le pays, bénéficient toutefois sur les réseaux sociaux du soutien de nombreux Kényans.

Lundi, au premier jour de la grève, une centaine de patients s'étaient échappés du seul hôpital psychiatrique du pays, à Nairobi.

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