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08/12/2016 05:28 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Grèce: la justice s'oppose à l'extradition de deux derniers militaires turcs

La justice grecque s'est opposée jeudi à l'extradition des deux derniers militaires turcs présumés putschistes dont elle examinait le cas, après avoir émis des avis contradictoires sur le sort de leurs six compagnons, a indiqué une source judiciaire.

Comme pour les six autres officiers réclamés par la Turquie, la procureure du conseil des juges de la cour d'appel a requis la non-extradition des deux militaires, estimant que leur vie serait en danger en Turquie. Les juges l'ont cette fois suivie.

Le conseil, l'instance compétente pour les extraditions, s'était également opposé lundi à l'extradition des trois premiers militaires entendus, deux commandants et un sous-officier. Mais mardi, il avait validé l'extradition de trois autres, tous capitaines.

Le sort des huit militaires reste dans tous les cas entre les mains du ministre de la Justice, seul responsable en vertu du droit grec à trancher sur les extraditions.

En attendant, la Cour de cassation a été saisie pour rejuger le cas des six premiers officiers.

Réagissant à la décision de ne pas extrader prise lundi, le ministre turc de la Défense, Fikri Isik, avait reproché à la Grèce de "ne pas montrer l'exemple de la solidarité requise d'un allié".

"Nous attendons du gouvernement grec qu'il fasse tous les efforts nécessaires" pour renvoyer ces militaires en Turquie, avait-il ajouté.

Le gouvernement grec "respecte les décisions de justice", indépendamment de leur "éventuel coût politique", avait répondu le porte-parole de celui-ci, Dimitris Tzanakopoulos.

Les huit militaires étaient arrivés à bord d'un hélicoptère à Alexandroupolis, près de la frontière avec la Turquie, le 16 juillet, quelques heures après le coup d'État manqué en Turquie.

Affirmant qu'ils craignaient pour leur vie, mais niant avoir participé au putsch, ils avaient demandé l'asile à la Grèce tandis qu'Ankara réclamait leur extradition.

Rejetées en première instance, leurs demandes d'asile sont désormais en cours d'examen en appel.

Cette affaire embarrasse la Grèce, engagée dans une politique de coopération avec son voisin pour couper la route migratoire en mer Egée, mais inquiète du durcissement du régime turc, y compris sur les différends bilatéraux de souveraineté.

De nombreux militaires, dont des officiers de l'Otan, et fonctionnaires turcs se sont réfugiés dans divers pays européens après la tentative de coup d'Etat et la purge tous azimuts déclenchée par le régime turc.

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