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08/12/2016 11:26 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Faute de gouvernement, le Maroc va ouvrir des crédits par décrets

Faute de gouvernement, le Maroc n'a pu adopter sa loi de finances 2017 avant la fin de l'année et va donc devoir ouvrir des crédits par décret, a-t-on appris de sources concordantes.

Deux mois après sa victoire aux législatives, le Premier ministre Abdelilah Benkirane, chef du Parti justice et développement (PJD, islamiste), n'est toujours pas parvenu à former un gouvernement de coalition.

En l'absence d'une majorité parlementaire, le projet de loi de finances 2017 est actuellement bloqué à la chambre des représentants, où il n'y a pas de commission pour pouvoir l'examiner et où elle ne peut être votée en plénière.

"C'est une situation très rare, mais prévue par la Constitution", a expliqué à l'AFP une source parlementaire qui a requis l'anonymat. "Pour la gestion des affaires courantes, le gouvernement va donc devoir ouvrir des crédits par décret", a indiqué cette source.

"Un Conseil de gouvernement devrait se tenir la semaine prochaine pour ouvrir les crédits par décrets" pour financer les services de l'Etat, a indiqué au HuffingtonPost Maroc le ministre sortant de l'Economie et des finances, Mohamed Boussaid.

Il se contentera de "gérer les affaires courantes du pays, comme le versement des salaires", précise la source parlementaire, et ne pourra pas, par exemple, engager des fonds sous forme d'investissement.

Cette impossibilité d'investir pourrait "avoir un impact négatif", alors que "les grands chantiers du secteur public sont aujourd'hui à l'arrêt", selon cet interlocuteur.

Après la victoire de son parti, M. Benkirane avait été reconduit par le roi à la tête du gouvernement de coalition qu'il dirige depuis cinq ans.

Il mène depuis d'intenses tractations avec les partis représentés au Parlement, à l'exception de ses rivaux du Parti authenticité et modernité (PAM), arrivé en deuxième position au scrutin. L'objectif est de rassembler un minimum de 198 sièges, à même de lui assurer un vote de confiance au Parlement, où son parti a décroché 125 députés.

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