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08/12/2016 03:02 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Election présidentielle au Ghana: premiers résultats particulièrement serrés

Les premiers bulletins de vote dépouillés de la présidentielle au Ghana laissaient prévoir jeudi un résultat particulièrement serré au premier tour entre le dirigeant sortant John Dramani Mahama et son rival Nana Akufo-Addo.

Onze des 275 circonscriptions du pays ont été jusqu'à présent comptabilisées selon la Commission électorale et l'avance, très courte, oscille à chaque nouveau résultat local entre le président Mahama, qui dispute un second mandat à 58 ans, et M. Akufo-Addo, qui se présente pour la troisième fois à 72 ans.

Le site de la Commission ne fonctionnant pas -il pourrait avoir été piraté-, c'est sur Twitter que l'instance électorale publie les premiers résultats, affirmant qu'une double vérification doit avoir lieu compte tenu de "possible bourrage d'urnes" dans certains bureaux de vote.

Sept candidats étaient en lice mercredi pour cette présidentielle, dont une ex-première dame, Nana Konadu Agyeman-Rawlings. Mais la bataille se joue entre les rivaux historiques: John Mahama, du Congrès national démocratique (NDC), et Nana Akufo-Addo, leader du Nouveau parti patriotique (NPP), s'étaient déjà affronter lors des précédentes élections de 2012.

La fièvre électorale a envahi Accra où tout le monde attend avec anxiété le résultat du premier tour, qui devrait tomber au plus tôt jeudi soir, au plus tard samedi.

Si aucun des deux principaux candidats ne remporte plus de 50% des voix, un second tour aura lieu courant décembre.

Des législatives se sont aussi déroulées parallèlement à la présidentielle.

- Vigilance -

Mercredi soir, de nombreux Ghanéens sont restés derrière les cordons de police jusque tard dans la nuit pour observer le comptage des bulletins.

M. Akufo-Addo avait appelé ses supporters à être "vigilants" lors du vote, pour empêcher le même scenario qu'en 2012, où il avait perdu de peu contre le même adversaire et avait contesté les résultats en vain devant la justice.

Le Ghana a la réputation d'être l'un des plus pacifiques et démocratiques d'Afrique sub-saharienne mais des violences post-électorales ne sont pas à exclure.

Des violences sporadiques ont d'ailleurs entaché la campagne et l'élection, même si, dans l'ensemble, le vote s'est déroulé dans le calme, malgré des problèmes techniques dans quelques bureaux.

Le processus de vote a notamment été retardé dans la circonscription de Jaman Nord à cause "de problèmes de sécurité", selon un Tweet de la Commission électorale.

Selon la même source, des supporters de M. Akufo Addo ont agressé des agents électoraux et des hackers ont semé la pagaille dans les applications téléphoniques et les sites internet de surveillance du scrutin.

Malgré ces quelques problèmes, Christopher Fomunyoh, directeur régional de l'Institut national démocratique, venu observer le bon déroulement du scrutin pour cette ONG américaine, se dit satisfait.

"C'est impressionnant de voir comment la société civile ghanéenne a à coeur de surveiller le vote et de livrer des rapports sur son déroulement", se réjouit-il.

Après avoir voté dans sa région natale de Bole (Nord), le président sortant a déclaré à l'AFP que cette élection "consoliderait encore plus la démocratie" au Ghana. Il s'est dit "très confiant" quant à sa victoire et a dit n'avoir "aucun regret" concernant son mandat.

Un optimisme partagé par l'opposition. Le directeur de campagne du NPP, Peter Mac Manu, note "une possibilité toujours plus importante de remporter le scrutin présidentiel et d'avoir une très large majorité parlementaire" aux législatives.

M. Mahama, figure charismatique et réputé comme proche du peuple, a promis de poursuivre le développement des infrastructures s'il était réélu.

M. Akufo-Addo, dont c'est sans doute la dernière bataille pour la présidence compte tenu de son âge, espère récupérer les voix des déçus du mandat de M. Mahama, notamment pour sa politique économique et les scandales de corruption de ces dernières années.

La croissance économique du Ghana pour 2016 est estimée à 3,3%, la plus faible en vingt ans.

L'opposant a récemment déclaré à l'AFP qu'il n'excluait pas de se retourner vers la justice s'il perdait ce scrutin.

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