NOUVELLES
07/12/2016 20:14 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Chine: rebond surprise des importations, les exportations se stabilisent

La Chine, contre toute attente, a vu ses importations rebondir vigoureusement en novembre, tandis que ses exportations se stabilisaient, confirmant une précaire reprise du commerce chinois dans un environnement mondial compliqué par la victoire de Donald Trump.

Les importations du géant asiatique, principale puissance commerciale de la planète, ont gonflé de 6,7% le mois dernier, à 152,2 milliards de dollars, après s'être repliées de 1,4% en octobre, a annoncé jeudi l'administration des Douanes.

De quoi prendre par surprise les experts sondés par l'agence financière Bloomberg, qui s'attendaient au contraire à un sensible repli (-1,9%). Le montant a certes pu être dopé par le récent renchérissement des matières premières industrielles.

Cela n'en reste pas moins le plus fort rebond des importations chinoises depuis 2014: elles s'étaient enfoncées mois après mois pendant deux ans, avant de rebondir modestement en août (+1,5%) et de retomber à nouveau.

Embellie tout aussi inattendue du côté des exportations: elles ont progressé de 0,1% sur un an en novembre, à 196,8 milliards de dollars. Le sursaut est timide, mais cette stabilisation s'avère de bon augure après sept mois de repli.

Les exportations chinoises avaient dégringolé de 10% en septembre, et de 7,3% en octobre et les analystes tablaient sur une nouvelle douche froide (-5%) pour novembre.

Les statistiques des Douanes sont attentivement scrutées par les marchés pour jauger la santé de la deuxième économie mondiale: le commerce extérieur reste un pilier du PIB de la Chine et un moteur traditionnel de sa croissance.

Lesté par le repli des exportations, l'excédent commercial chinois a plongé le mois dernier de 17,6% par rapport à novembre 2015, à 44,6 milliards de dollars.

"Ces statistiques meilleures qu'attendu témoignent du sursaut de la demande mondiale, mais reflètent également un regain de vigueur de l'économie chinoise", relève Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics.

Pour autant, la conjoncture reste précaire: l'industrie en Chine est toujours plombée par des surcapacités massives; l'envolée de l'endettement inquiète; la croissance ne résiste que grâce à une bulle alarmante du secteur immobilier.

Le gouvernement chinois s'efforce de rééquilibrer le modèle de croissance du pays vers les services et la consommation intérieure, au détriment des industries lourdes et --justement-- des exportations à faible valeur ajoutée: la transition s'avère douloureuse.

Et la perspective de vives tensions avec les Etats-Unis (le deuxième partenaire commercial de Pékin après l'Union européenne) pourrait plomber les échanges de la Chine: le président élu américain Donald Trump a promis d'imposer une taxe prohibitive de 45% sur les importations chinoises.

jug/bar/gde