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08/12/2016 09:21 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Buenos Aires: le harcèlement de rue puni de 60 dollars d'amende

Le harcèlement de rue sera désormais puni de 60 dollars d'amende à Buenos Aires, selon un texte adopté dans la capitale de ce pays sud-américain à la culture très machiste.

Le texte adopté mercredi cible les auteurs de "commentaires à connotation sexuelle, ciblant directement ou indirectement le corps; de photographies ou enregistrements vidéo non consentis des parties intimes; de contacts physiques indécents ou non consentis".

Il vise également les personnes qui "suivront quelqu'un" dans la rue ou s'adonneront à "la masturbation ou à l'exhibitionnisme". Il définit le harcèlement de rue comme "tout ce qui atteint à la dignité ou le droit à l'intégrité physique ou morale".

Dans ce pays qui est l'un des plus développés d'Amérique latine, les compliments virant au commentaire obscène sont monnaie courante dans les rues, au travail ou dans les transports.

Le président Mauricio Macri avait estimé en avril 2014, lors d'un reportage télévisé alors qu'il était maire de Buenos Aires, que le fait de dire à une femme "tu as un beau cul" était un compliment et non une insulte.

Plusieurs meurtres de femmes par leurs compagnons ont récemment secoué l'opinion publique en Argentine, où une femme est tuée sous les coups de son compagnon toutes les 30 heures.

Mi-octobre, une mobilisation massive du mouvement citoyen #NiUnaMenos (pas une de moins) avait eu lieu en Argentine après le meurtre de Lucia Pérez, 16 ans, droguée, violée et sauvagement assassinée, une affaire qui avait choqué le pays.

Le féminicide, meurtre d'une femme motivé par le fait qu'elle est une femme, a été inscrit dans le code pénal argentin en 2012 comme circonstance aggravante d'un homicide. Alors que ce dernier est puni de 12 à 25 ans de prison, la peine encourue est élevée à la perpétuité en cas de féminicide.

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