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08/12/2016 04:39 EST | Actualisé 09/12/2017 00:12 EST

Azerbaïdjan: une célèbre journaliste toujours interdite de quitter le pays

La journaliste et militante anticorruption azerbaïdjanaise Khadija Ismaïlova a annoncé jeudi à l'AFP rester sous le coup d'une interdiction de quitter le territoire, plus de six mois après avoir été libérée de prison.

"Ils cherchent à m'empêcher de participer à des conférences internationales et de dire la vérité sur la situation en Azerbaïdjan", a déclaré Khadija Ismaïlova.

"Cette interdiction viole mes droits constitutionnels", a-t-elle souligné, annonçant son intention de déposer une plainte devant la Cour européenne des droits de l'Homme.

Khadija Ismaïlova, 40 ans, journaliste d'investigation pour la radio Azadliq, qui fait partie de Radio Free Europe/Radio Liberty, média financé par les Etats-Unis, a été condamnée en septembre 2015 pour activité économique illégale et évasion fiscale.

Connue pour ses enquêtes sur la corruption, Mme Ismaïlova a dénoncé une condamnation orchestrée par le pouvoir pour la faire taire.

Elle a finalement été libérée de prison fin mai, la justice ayant commué sa peine initiale de sept ans et demi de prison ferme en trois ans et demi de prison avec sursis.

Au total, depuis décembre 2014, elle a passé plus de 17 mois en prison.

Les Occidentaux et les organisations de défense des droits de l'Homme avaient dénoncé sa condamnation et ont appelé à maintes reprises les autorités azerbaïdjanaises à libérer Khadija Ismaïlova, Amnesty International la qualifiant notamment de "prisonnière d'opinion".

Les ONG de défense des droits de l'Homme critiquent régulièrement le régime du président Ilham Aliev, toute contestation provoquant aussitôt selon elles une réaction sévère des autorités de ce pays du Caucase riche en pétrole.

Ilham Aliev, 54 ans, qui a pris la tête du pays en 2003 à la suite de son père Heydar Aliev, ancien chef du KGB local et membre du Politburo soviétique, dément toute accusation de non respect des droits de l'Homme, et son gouvernement dénonce ces critiques comme une campagne de diffamation envers le pays.

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