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07/12/2016 06:30 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Ukraine: le chef de l'Otan veut maintenir les sanctions contre une Russie "agressive"

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a jugé mercredi "important" de maintenir les sanctions économiques imposées en 2014 par les Etats-Unis et l'Union européenne contre la Russie, lui reprochant "une attitude agressive" à l'égard de l'Ukraine.

Cette déclaration intervient alors que l'UE discute d'une prolongation de ces sanctions, dont certains Etat membres critiquent l'efficacité et le coût économique.

Tant que les accords de Minsk, censés mettre fin au conflit dans l'est de l'Ukraine entre forces loyalistes et rebelles prorusses, ne sont pas respectés, "la communauté internationale doit maintenir la pression sur la Russie pour qu'elle respecte ses obligations", a déclaré M. Stoltenberg, à l'issue d'une réunion à Bruxelles des 28 chefs de la diplomatie de l'Alliance avec leur homologue ukrainien Pavlo Klimkine.

"C'est important que les sanctions économiques soient maintenues", a-t-il ajouté. "Les sanctions devraient uniquement être levées si la Russie changeait d'attitude et jusqu'à présent on n'a pas beaucoup observé cela", a-t-il insisté.

Imposées en juillet 2014 après la destruction du vol MH17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l'est séparatiste de l'Ukraine (298 morts, en majorité néerlandais), ces lourdes sanctions économiques de l'UE, ciblant les secteurs de l'énergie, de la défense ou encore des banques russes, ont été régulièrement reconduites depuis deux ans.

Actuellement en vigueur jusqu'au 31 janvier 2017, elles font l'objet de débats parmi les Etats membres car elles ont entraîné des mesures de rétorsion russes frappant en particulier les agriculteurs européens.

Mais l'UE devrait néanmoins décider prochainement de les prolonger à nouveau, comme l'a dit mercredi le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

"Je ne pense pas qu'il y aura de difficultés particulières au niveau européen", a prédit M. Steinmeier, faisant valoir "l'absence de progrès significatifs" lors de la dernière réunion entre Berlin, Paris, Moscou et Kiev sur le respect des accords de Minsk.

Le 24 novembre, en recevant le président ukrainien Petro Porochenko, Donald Tusk, président du Conseil européen (qui représente les Etats membres), avait dit espérer une prolongation des sanctions "avant notre prochain sommet" de l'UE fixé au 15 décembre.

Un calendrier qui pourrait toutefois être retardé par la volonté de l'Italie d'amener le sujet au menu du sommet, ont indiqué mercredi à l'AFP deux diplomates européens sous couvert de l'anonymat.

C'est le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, démissionnaire, qui avait formulé cette demande. Reste à savoir ce que fera son successeur, ont-ils fait remarquer.

Les Italiens voudraient que la prolongation des sanctions "fasse suite à une discussion au sommet après une présentation par François Hollande et Angela Merkel de la situation" dans l'est de l'Ukraine, a expliqué l'un des diplomates.

Selon Jens Stoltenberg, il y a eu en novembre dans l'est de l'Ukraine "une augmentation massive des violations du cessez-le-feu et elles se poursuivent", "avec des centaines d'explosions causées chaque jour" par de l'artillerie lourde, "des équipements bannis par les accords de Minsk".

Il a réaffirmé son souhait d'un cessez-le-feu "immédiat", évoquant "la responsabilité significative" de la Russie pour y parvenir.

Alors que Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité de la violation des accords de Minsk, M. Stoltenberg a assuré que Pavlo Klimkine lui avait "reconfirmé l'engagement de l'Ukraine" à les respecter.

Les sanctions économiques sont un des volets des mesures punitives décidées par l'UE depuis deux ans et demi contre Moscou pour sanctionner l'annexion jugée illégale de la Crimée et les atteintes à l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

bur-mad/agr/ger