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07/12/2016 11:28 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Trump nomme un ambassadeur à Pékin et met le cap sur l'emploi

Donald Trump s'est choisi mercredi pour ambassadeur à Pékin le gouverneur de l'Iowa Terry Brandstad, un "vieil ami de la Chine" qui devrait rassurer ce pays, cible de multiples attaques du futur président américain, en attendant la nomination du secrétaire d'Etat.

Parallèlement à ces nominations, le milliardaire s'efforce de concrétiser sa promesse de rapatrier des milliers d'emplois partis dans des pays à bas coûts. Il a ainsi évoqué mercredi une discussion avec Apple pour construire une "très grande usine" aux Etats-Unis.

Depuis des mois, Donald Trump s'en prend régulièrement à la Chine, l'accusant notamment de concurrence déloyale dans le domaine commercial. Il a aussi rompu la semaine dernière avec 40 ans de tradition diplomatique en parlant au téléphone avec la présidente de Taïwan. Les Etats-Unis, pour ne pas froisser Pékin, n'entretiennent aucune relation diplomatique avec l'île.

La diplomatie chinoise a salué M. Branstad, 70 ans, comme un "vieil ami", espérant qu'il contribuerait "au développement des relations bilatérales".

Soutien de Trump de la première heure, Terry Brandstad connaît effectivement le président chinois Xi Jinping depuis des années: les deux hommes se sont rencontrés lors d'un précédent mandat de M. Branstad comme gouverneur de l'Iowa, en 1985, lors d'une visite dans cet Etat du Midwest de M. Xi, à l'époque simple responsable provincial chinois.

- Investir aux Etats-Unis -

Redevenu gouverneur en 2011, M. Branstad s'est depuis rendu plusieurs fois en Chine. Il a organisé en 2012 un dîner dans l'Iowa pour M. Xi, peu avant que ce dernier devienne président.

Parmi les missions de l'ambassadeur: aider M. Trump à tenir ses promesses sur l'emploi en poussant les industriels chinois à investir aux Etats-Unis.

Le géant japonais des télécommunications SoftBank a déjà promis mardi d'investir pas moins de 50 milliards de dollars aux Etats-Unis. Mercredi, le géant chinois de la sous-traitance électronique FoxConn, qui assemble notamment les smartphones d'Apple, a confirmé mener, avec des responsables américains, "des discussions préliminaires" sur un investissement qui "représenterait une expansion de nos activités américaines".

Trump espère aussi rapatrier une partie de la production d'Apple aux Etats-Unis. Interviewé par le magazine Time qui l'a couronné mercredi "personnalité de l'année" 2016, le magnat de l'immobilier a assuré en avoir parlé à Tim Cook, le patron de la firme californienne, en lui disant: "c'est mon ambition de voir Apple construire une grande usine" aux Etats-Unis, "la plus grande et la meilleure".

Tout en qualifiant le titre de "Personnalité de l'année" de "très, très grand honneur", Trump a déploré que le magazine l'ait qualifié de "président des Etats désunis d'Amérique". "Je ne suis pas encore président donc je n'ai rien fait pour diviser", a-t-il affirmé.

- Trump 'aime' Obama -

Il a souligné "aimer vraiment" Barack Obama et avoir même discuté avec lui de certaines nominations. "Je prends ses recommandations très au sérieux", a-t-il assuré.

La nomination de M. Branstad s'ajoute à la douzaine de personnes déjà désignées pour l'administration Trump, même si on ignore encore qui prendra l'influent poste de secrétaire d'Etat. M. Trump a indiqué mercredi sur NBC que cette nomination devrait intervenir "la semaine prochaine".

Parmi les multiples noms cités pour ce poste, l'un des derniers en date est celui du président du géant pétrolier ExxonMobil, Rex Tillerson.

Trump l'a qualifié mercredi d'"homme formidable", qui a "bâti au fil des ans une société fabuleuse avec un grand style". Même s'il a ajouté que le candidat républicain à la présidentielle de 2012, Mitt Romney, restait dans la course.

Les médias américains ont aussi annoncé la nomination à la tête du département de la Sécurité intérieure du général à la retraite John Kelly, dont le fils militaire fut tué en Afghanistan.

Si sa nomination se confirme, il sera le troisième ex-général à entrer au cabinet, avec pour responsabilités le contrôle des frontières et du "mur" que Donald Trump veut ériger à la frontière du Mexique, ainsi que l'immigration clandestine, que veut réduire drastiquement le président élu.

- Vente d'actions -

Un mois après son élection, le milliardaire élu sur un programme populiste, aux sorties imprévisibles par tweets interposés, continue à susciter d'énormes craintes.

Mardi, il dénonçait subitement le coût du nouvel avion présidentiel Air Force One sur lequel travaille le géant aéronautique américain Boeing, menaçant d'annuler le contrat.

Mercredi, le problème semblait en voie de résolution après un coup de fil entre Trump et le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg. Le géant aéronautique a dit s'être "engagé à travailler pour réduire les coûts" tandis que Trump estimait parvenir à obtenir "une baisse des prix".

Critiqué pour les nombreux conflits d'intérêt que ses affaires pourraient occasionner, le futur président a aussi confirmé avoir vendu en juin toutes les actions dont il disposait.

Cela ne représente cependant qu'une fraction de sa fortune et ne règle pas la question de possibles interférences avec son empire immobilier international.

cat/are