NOUVELLES
07/12/2016 08:49 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Trump choisit un "ami de la Chine" comme ambassadeur à Pékin

Couronné "Personnalité de l'année 2016" par le magazine Time, Donald Trump a choisi mercredi comme ambassadeur à Pékin un "vieil ami de la Chine", une désignation qui devrait rassurer la Chine, cible de multiples attaques du futur président américain.

Un porte-parole du milliardaire a confirmé mercredi matin la nomination de Terry Branstad, 70 ans, gouverneur de l'Iowa, à ce poste particulièrement exposé.

Pendant sa campagne comme depuis son élection, Donald Trump s'en est pris de nombreuses fois à la Chine, l'accusant notamment de concurrence déloyale dans le domaine commercial. Il a aussi rompu la semaine dernière avec 40 ans de tradition diplomatique en parlant au téléphone avec la présidente de Taïwan.

Pour ne pas froisser Pékin qui considère toujours Taïwan comme une de ses provinces, Washington n'entretient aucune relation diplomatique avec l'île, uniquement des relations économiques.

Dès avant la confirmation officielle, le porte-parole de la diplomatie chinoise a qualifié M. Branstad de "vieil ami", espérant qu'il contribuerait "au développement des relations bilatérales".

M. Branstad, soutien de Trump de la première heure, connaît l'actuel dirigeant chinois Xi Jinping depuis des années: les deux hommes se sont rencontrés lors d'un précédent mandat de M. Branstad comme gouverneur de l'Iowa, en 1985, lors d'une visite dans cet Etat du Midwest de M. Xi, à l'époque simple responsable provincial chinois.

M. Branstad, redevenu gouverneur en 2011, s'est depuis rendu plusieurs fois en Chine. Il a organisé un dîner en l'honneur de Xi Jinping dans la capitale de l'Iowa, Des Moines, en 2012, peu avant que M. Xi ne devienne président.

- Un troisième général au cabinet -

M. Branstad vient s'ajouter à la douzaine de nominations déjà effectuées par Donald Trump, qui prendra officiellement ses fonctions à la Maison Blanche le 20 janvier.

Les médias américains ont aussi annoncé mercredi la prochaine nomination à la tête du département de la Sécurité intérieure du général à la retraite John Kelly, dont le fils militaire fut tué en Afghanistan.

Troisième ex-général à entrer au cabinet, il sera notamment chargé du contrôle des frontières, de l'immigration et des naturalisations.

Le nouvel ambassadeur en Chine Terry Branstad aura lui pour mission de pousser les industriels chinois à investir dans des emplois aux Etats-Unis, le futur président américain ayant fait du retour des emplois industriels sur le territoire américain son principal cheval de bataille.

Le chinois Foxconn, numéro un mondial de la sous-traitance électronique qui assemble notamment les smartphones d'Apple, a ainsi confirmé mercredi mener, avec des "responsables américains", "des discussions préliminaires" sur un investissement qui "représenterait une expansion de nos activités américaines".

Trump espère d'ailleurs rapatrier une partie de la production d'Apple aux Etats-Unis. Dans Time, le magnat de l'immobilier a assuré en avoir parlé à Tim Cook, le patron de la firme californienne, en lui disant: "c'est mon ambition de voir Apple construire une grande usine" aux Etats-Unis, "la plus grande et la meilleure".

- Pour le meilleur ou pour le pire? -

Aux côtés du dirigeant du géant japonais des télécommunications SoftBank, il a annoncé mercredi que le japonais était prêt à investir la somme faramineuse de 50 milliards de dollars dans des start-up américaines. Et promis que cela se traduirait par la création de quelque 50.000 emplois, même si aucun calendrier ni détails n'ont été apportés.

Visiblement soucieux de ne pas décevoir les couches populaires qui l'ont élu, le milliardaire a aussi reconnu le contraste entre son luxueux train de vie et les Américains qui ont du mal à joindre les deux bouts.

"Je suis dans un appartement comme personne n'en a jamais vu, et pourtant je représente les travailleurs du monde entier. Et ils m'aiment et je les aime", a-t-il dit à Time. "Je crois que les gens aspirent à certaines choses. Et ils aspirent à regarder les autres. Et je ne crois pas qu'ils aient envie de voir le président porter lui-même sa valise en sortant d'Air Force One. C'est comme ça".

Tout en qualifiant le titre de "Personnalité de l'année" de "très, très grand honneur", il a contesté le fait que le magazine l'ait qualifié de "président des Etats désunis d'Amérique".

"Je ne suis pas encore président donc je n'ai rien fait pour diviser", a-t-il affirmé.

Donald Trump, qui n'a jamais eu aucun mandat électif, continue néanmoins à susciter des craintes énormes.

"Depuis 90 ans, nous nommons la personne qui a eu la plus grande influence, pour le meilleur ou pour le pire. Alors, est-ce que ce sera le meilleur ou le pire? Le défi pour Donald Trump est que le pays est en profond désaccord sur la réponse", a ainsi souligné la rédactrice en chef du magazine, Nancy Gibbs.

cat/are