NOUVELLES
07/12/2016 07:43 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Tchad: onze opposants libérés, des femmes interdites de rassemblement

Onze opposants arrêtés en novembre pour avoir tenté de défier une interdiction de manifester ont été relâchés au Tchad, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Les onze opposants ont été relâchés pour "infraction non constituée" sur décision du Tribunal de première instance de Ndjamena, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Ils avaient été arrêtés le 17 novembre lors d'une mobilisation à N'Djamena à l'appel du Front d'opposition nationale pour l'alternance et le changement (Fonac) qui tente de secouer le régime autoritaire du président Idriss Déby Itno.

Les opposants, dont les chefs de partis Mahamat Bahr Bechir et Gapili Godebne, étaient poursuivis pour "participation à un attroupement non autorisé".

Mardi, des femmes syndicalistes ont en outre été empêchées de se réunir dans la capitale.

Les policiers à bord de quatre véhicules lourdement armés ont pris d'assaut dès le petit matin la Bourse du travail, avec l'ordre de ne laisser entrer personne.

"Au Tchad aucune marche pacifique n'est autorisée sauf si c'est pour applaudir le président Deby", a déploré une manifestante citée par le site d'information TchadInfos.

Une centaine de femmes avait pu se réunir lundi au siège de l'UST.

Syndicats, opposition et société civile dénoncent la gestion de la crise sociale économique et budgétaire par le régime d'Idriss Déby.

Pays pauvre de 12 millions d'habitants, le Tchad vit à l'heure des 16 mesures d'austérité imposées par le gouvernement de M. Déby, nommé peu après son investiture le 8 août dernier pour un cinquième mandat.

Ces mesures d'austérité portent principalement sur une restructuration des services de l'Etat pour faire des économies, mais certaines touchent directement les Tchadiens, comme la révision des critères d'attribution des bourses des étudiants, la baisse des indemnités des chefs traditionnels, ou la réduction de 80% des indemnités de toutes les personnes nommées par décret.

st/adm/jh