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07/12/2016 01:41 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Syrie: l'opération turque n'a pas pour but de "changer le régime" (Premier ministre)

L'intervention turque en Syrie n'est pas liée à la situation à Alep et n'a pas pour but un "changement de régime" à Damas, a assuré mercredi le Premier ministre turc Binali Yildirim dans un entretien avec l'agence de presse russe Interfax.

"L'opération +Bouclier de l'Euphrate+ n'est nullement liée à ce qui se passe à Alep, ni (à une volonté de) changer de régime en Syrie", a déclaré M. Yildirim, qui s'est entretenu la veille à Moscou avec son homologue russe Dmitri Medvedev et a été reçu par le président Vladimir Poutine.

Cette opération "n'a qu'un seul objectif: détruire tous les éléments terroristes présents dans la région, en priorité le groupe Etat islamique", a-t-il souligné.

Fin novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé que l'opération turque lancée en août dans le nord de la Syrie visait à en finir avec le "règne du tyran Assad", suscitant l'agacement de Moscou.

Deux jours après, alors que la Russie avait exigé des explications sur ses propos, le chef de l'Etat turc était revenu sur ses déclarations et avait assuré que l'intervention turque ciblait "les organisations terroristes".

"Le sort de plusieurs groupes ethniques en Syrie est sans doute beaucoup plus important que celui d'une personne, notamment de Bachar al-Assad", a insisté mercredi M. Yildirim.

Il a par ailleurs loué l'arrivée d'une "nouvelle ère" dans les relations entre Moscou et Ankara, réconciliées depuis l'été après une grave crise diplomatique née de la destruction par l'aviation turque d'un chasseur russe en novembre 2015 à la frontière turco-syrienne.

"A cette étape, nous nous comprenons sans doute mieux que jamais", a-t-il assuré à l'agence de presse publique russe Ria-Novosti, en affirmant que la Russie et la Turquie, jusqu'ici opposées sur la Syrie, avaient désormais "une approche commune" pour la recherche d'une solution à la crise syrienne.

Ankara fait notamment "tout son possible pour que des contacts entre des représentants de l'opposition (syrienne) et la Russie puissent avoir lieu", a-t-il précisé, ajoutant que de "très bons résultats" avaient déjà été atteints en ce domaine.

La Russie fait intervenir son aviation depuis septembre 2015 sur le territoire syrien pour soutenir son allié, le régime syrien, qui mène actuellement une vaste offensive sur Alep, bastion des rebelles.

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