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07/12/2016 05:55 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Seule la prison à vie pour Mladic satisferait les victimes (association)

Les victimes de l'épuration ethnique en Bosnie ne se satisferont que d'une peine de prison à perpétuité contre Ratko Mladic, réclamée mercredi à La Haye contre le "boucher des Balkans", a indiqué l'une de leurs principales associations.

"Il est difficile de dire qu'une condamnation à vie nous contenterait", "mais s'il n'est pas condamné à vie ou pour génocide, aucun autre verdict ne nous satisferait", a déclaré à l'AFP Hajra Catic, responsable de l'association "Les Femmes de Srebrenica", jointe au téléphone depuis Tuzla (nord).

"Cela nous apporterait une forme de satisfaction. Personne ne peut nous rendre nos enfants, mais il est très important que Mladic soit déclaré coupable de génocide, car cela restera écrit à jamais dans l'histoire", a-t-elle insisté.

Vingt proches de Hajra Catic, parmi lesquels son mari et son fils, ont été tués dans le massacre de quelque 8.000 hommes et adolescents bosniaques, perpétré par les forces serbes de Bosnie commandées par Ratko Mladic à Srebrenica (est) en juillet 1995.

Lors de son réquisitoire devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, le procureur Alan Tieger a estimé qu'il serait "irresponsable et un affront à la justice de condamner à toute autre peine qu'à la prison à vie" Ratko Mladic.

Ratko Mladic, 74 ans, doit répondre de onze chefs d'accusation de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis lors de la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Biographe et indéfectible soutien de Ratko Mladic, la journaliste serbe Ljiljana Bulatovvic a de son côté commenté "un final attendu du procureur". "Je pense tout simplement qu'il s'agit de la dernière phase d'un génocide contre la vérité", a-t-elle dit à l'AFP.

Elle a dénoncé dans le TPIY un tribunal "créé pour humilier les vainqueurs, car les Serbes ont réussi à se défendre" lors des guerres des années 1990.

Le verdict est attendu en 2017.

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