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07/12/2016 06:35 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Russie : les députés valident le budget 2017, avec des coupes

Les députés russes ont validé mercredi le projet de budget pour 2017, confirmant les coupes budgétaires voulues par le gouvernement malgré l'espoir d'une remontée des prix du pétrole à la suite de l'accord entre pays producteurs.

Le texte, qui fixe des aussi orientations pour 2018-2019, a été voté en deuxième lecture avec 325 voix pour et 57 voix contre. Il doit être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs, généralement une formalité, avant d'être promulgué par le président Vladimir Poutine.

Son adoption ne faisait aucun doute car le parti au pouvoir, Russie Unie, dispose de la majorité absolue à la Douma depuis les législatives de septembre. Événement rare, il a cependant rencontré l'opposition des communistes et nationalistes, qui s'inquiètent des effets de la rigueur budgétaire sur la reprise économique naissante après deux ans d'une récession plombant le niveau de vie des Russes.

Après la première lecture, les députés ont présenté plus de 500 amendements, dont 300 ont été validés en commission, essentiellement ceux présentés par Russie Unie.

Ces modifications renforcent le soutien à certains secteurs, les crédits aux régions ou encore des programmes pour l'éducation, ces nouvelles dépenses devant être financées au détriment d'autres jugées moins prioritaires.

Le chef de file des communistes Guennadi Ziouganov, cité par l'agence TASS, a jugé le niveau des dépenses insuffisant pour sortir de la crise. Il s'élève à près de 13.487 milliards de roubles (196 mds EUR au taux actuel) pour 2017 contre des revenus à 16.240 milliards de roubles (235 mds EUR).

Pour s'adapter à la chute des prix du pétrole, qui représentait la moitié des rentrées en période faste, le gouvernement a imposé à des coupes budgétaires tous azimuts.

L'objectif est de maintenir le déficit à 3,2% du produit intérieur brut en 2017, contre près de 4% attendu sur 2016, puis de le réduire progressivement.

Pour cela, le gouvernement a choisi de se baser sur un prix du baril à 40 dollars, alors qu'il a dépassé 50 dollars après l'accord du 30 novembre au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour couper leur production et faire remonter les prix. La Russie, qui n'est pas membre, s'est engagée à participer à cet effort.

Si les cours se maintiennent à un niveau plus élevé que prévu, nombre d'experts pensent que le gouvernement en profitera non pas pour réduire le déficit mais pour augmenter les dépenses à l'approche de la présidentielle de 2018.

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