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07/12/2016 03:01 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Roi de Thaïlande: enquête après un article de la BBC

Les autorités thaïlandaises ont ouvert une enquête après la publication d'un article de la BBC sur le nouveau roi de Thaïlande qui a scandalisé les ultra-royalistes d'un pays qui interdit toute critique de la monarchie.

Connue sous le nom d'"article 112", la très stricte loi thaïlandaise sur le lèse-majesté prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, le reine, son héritier ou le régent.

Les rares médias, y compris internationaux, évoquant ces affaires ne donnent aucun détail des accusations de crainte de tomber sous le coup de la loi eux-mêmes. Les arrestations et les condamnations peuvent être racontées mais pas les détails des accusations car cela peut être considéré comme une violation de la loi.

"L'affaire est en cours d'investigation, mais je ne peux pas divulguer les détails", a déclaré mercredi à l'AFP Pornchai Chalordej, responsable du commissariat local de Bangkok en charge de l'affaire.

"Ils ont un bureau en Thaïlande et des journalistes thaïlandais y travaillent, ils doivent donc être poursuivi s'ils violent la loi thaïlandaise", a déclaré Prayut Chan-O-Cha, le chef de la junte actuellement au pouvoir mercredi à la presse.

En question: un portrait du roi Maha Vajiralongkorn publié en langue thaïlandaise depuis le bureau de Londres. Le nouveau monarque est monté sur le trône la semaine passée après 70 ans de règne de son père.

Dans son article, la BBC donne des détails de la vie privée du roi, dont la vie tumultueuse est souvent évoquée en petit cercle par les Thaïlandais mais jamais commentée dans les journaux ou sur les réseaux sociaux.

Le lien, qui n'est plus accessible aujourd'hui dans le pays, est vite devenu viral sur les médias sociaux et a attiré un torrent de critiques des royalistes qui accusent la BBC de diffamer le monarque.

Mercredi, une équipe de policiers s'est rendue dans les bureaux de la BBC dans le centre de Bangkok, mais a trouvé portes closes.

Un dissident thaïlandais de premier plan a été arrêté au cours du week-end pour avoir partagé cet article sur Facebook. Libéré sous caution, une enquête a été ouverte.

Depuis l'arrivée au pouvoir des militaires après un coup d'Etat en mai 2014, les poursuites pour crime de lèse-majesté se sont multipliées et les sanctions alourdies.

Mi-novembre, une Thaïlandaise a été condamnée à une peine de 150 ans de prison. Un homme est poursuivi pour avoir manqué de respect au chien du roi via un message Facebook.

bur-tib/pa