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07/12/2016 08:33 EST | Actualisé 07/12/2016 08:33 EST

Pièces défectueuses: un véhicule canadien sur six n'est pas encore réparé

Radio-Canada

Des millions de voitures qui circulent sur les routes canadiennes comportent des pièces visées par un rappel qui n'ont pas encore été réparées.

Certains rappels concernent des défectuosités qui peuvent provoquer une perte de contrôle du véhicule, une collision et causer des dommages matériels, des blessures ou même la mort, selon Transports Canada.

Une enquête menée par CBC News, qui a vérifié le numéro d'identification de 200 véhicules actuellement en vente au Canada, a révélé que 17 % d'entre eux faisaient l’objet d’un rappel et que le défaut en question n’avait pas été réparé.

Qui plus est, de nombreux Canadiens ne savent même pas que leur véhicule a fait l'objet d'un rappel.

C'est notamment le cas de Crystal Taillefer : elle ne savait pas que système de servodirection de sa Dodge Journey était défectueux et qu'elle pourrait perdre la maîtrise de son véhicule sans préavis.

« C'est surprenant! », a déclaré la Manitobaine lorsque la journaliste de CBC lui a annoncé l'existence du rappel.

Elle ne comprend pas pourquoi le concessionnaire qui lui a vendu son véhicule lui envoie toutes sortes de lettres, même des cartes de Noël, mais n'a pas communiqué avec elle pour l'aviser du rappel publié en mai 2016.

Mme Taillefer n'est pas la seule propriétaire qui se promène, sans le savoir, à bord d'un véhicule visé par un rappel.

Dans un rapport publié la semaine dernière, le vérificateur général du Canada a critiqué le bilan de Transports Canada au chapitre de la surveillance de la sécurité des véhicules automobiles. Citant Transports Canada, le vérificateur a aussi souligné que « les constructeurs avaient parfois de la difficulté à identifier et à contacter les propriétaires des voitures visées par un rappel, en particulier si le véhicule était plus ancien ».

De plus, le nombre de rappels de véhicules pour des motifs de sécurité au Canada a augmenté de 74 % en 6 ans. Les rappels diffusés en 2015 touchaient 5 millions de véhicules au Canada, une large part des 22 millions de voitures et camions légers qui circulent au pays.

Ce ne sont pas seulement les propriétaires qui se sentent lésés. Kevin MacDonald, qui est propriétaire d'un concessionnaire automobile à Ottawa, est frustré par l'inaction des gouvernements et des fabricants automobiles au chapitre des rappels de sécurité.

Il a écrit une lettre à son association provinciale, lui demandant de militer en faveur de lois plus strictes pour encadrer la réparation de véhicules visés par un rappel. Mais M. MacDonald indique que l'association lui a dit d'en parler avec la province, qui lui a dit que c'était la responsabilité de Transports Canada, qui l'a redirigé vers la province.

«C'est un cercle où tout le monde se montre du doigt et personne n'accepte la responsabilité.» –

Kevin MacDonald, concessionnaire automobile

Il a aussi demandé à son association de faire pression auprès des manufacturiers pour qu'ils rendent les nouvelles pièces disponibles plus rapidement. « On dirait qu'ils ont abandonné les consommateurs et les concessionnaires », déplore-t-il.

La loi canadienne oblige les fabricants automobiles de contacter les propriétaires de véhicules pour leur faire part de rappels. Ils doivent aussi déclarer le taux de réparation à Transports Canada mais, contrairement aux États-Unis, ces données ne sont pas communiquées au public.

Selon un texte de Joanne Levasseur et Katie Nicholson, CBC News

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