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06/12/2016 20:46 EST | Actualisé 07/12/2017 00:12 EST

Pour ses partisans, le candidat Trump s'est déjà mué en président

Les électeurs de Donald Trump, qu'ils aient voté pour lui avec enthousiasme ou à contrecoeur, semblent au moins d'accord sur un point: le président élu s'active pour relancer l'économie et a produit des résultats, même provisoires.

Rencontrés en Caroline du Nord mardi, où le président élu le 8 novembre s'est rendu pour un meeting de remerciement, ces républicains voient dans les quatre premières semaines de la transition présidentielle la preuve que Donald Trump est entré dans la fonction présidentielle sans avoir altéré son caractère provocateur et anti-système.

Là où les détracteurs du républicain voient de l'improvisation ou un comportement indigne de la Maison Blanche --par exemple dans ses saillies sur Twitter--, ses partisans reconnaissent l'homme de rupture sur lequel ils ont parié pour remettre l'Amérique sur le droit chemin.

Et comme durant la campagne, Donald Trump parvient à court-circuiter les médias traditionnels pour communiquer directement avec les électeurs de droite et imposer sa version des événements.

Invariablement, ses fans se disent impressionnés par ses premières décisions, notamment par la qualité des hommes et des femmes qu'il a sélectionnés pour sa future équipe, un assemblage éclectique de personnalités controversées, de républicains populaires et de conservateurs purs et durs.

"Il a choisi un très bon cabinet", dit spontanément John Bolen, officier à la retraite de la mythique 82nd Airborne Division à la base de Fort Bragg, en Caroline du Nord.

Ce militaire républicain assure que l'élection de Donald Trump a remonté à elle seule le moral de toute l'armée, déprimée par des années de coupes budgétaires sous Barack Obama. La nomination du populaire général à la retraite James Mattis à la tête de la Défense fut la cerise sur le gâteau.

- Toujours businessman -

En campagne, Donald Trump avait multiplié les promesses de créations d'emplois, et les menaces contre les entreprises qui délocaliseraient.

Ses critiques dénonçaient le flou de son programme, alors le président élu, depuis la Trump Tower de New York, a démontré sa méthode. La semaine dernière, il a annoncé avoir forcé la main du fabricant américain Carrier pour annuler la délocalisation d'une usine vers le Mexique, sauvant selon lui plus de mille emplois, un chiffre contesté.

Et c'est encore son avènement qui aurait incité, selon Donald Trump, le PDG du géant japonais des télécoms SoftBank à annoncer un investissement surprise de 50 milliards de dollars dans des start-ups américaines.

"C'est un homme d'affaires qui négocie, pas un simple politicien", dit avec admiration Stanley Chylinski, chef d'entreprise de 60 ans.

"J'en ai marre du vieux train-train, il est en train de changer les choses", se félicite Patricia Anderson, vice-présidente d'une entreprise qui fabrique des filets de camouflage pour l'armée, dans la petite ville de Lillington.

Non loin, Vivian Tyndall, travailleuse indépendante et électrice indépendante, était "sceptique" de Donald Trump. Mais depuis l'élection, elle s'est progressivement apaisée. "Il est plus discipliné, on découvre le vrai Donald Trump".

Les démocrates restent opposés, mais au moins un est venu le voir mardi à Fayetteville: Carson Mounce, étudiant de 20 ans. "Il dit des choses pertinentes", reconnaît-il, bien qu'"il reste trop souvent vague".

- Vague mais proche -

Un changement est perceptible: dans les deux premiers discours de sa tournée lancée la semaine dernière, et qu'il poursuivra jeudi et vendredi, Donald Trump s'est fait moins apocalyptique et plus rassembleur.

L'ex-candidat populiste a énuméré les chantiers de son prochain mandat, de l'immigration aux grands travaux. Son programme reste peu détaillé, parfois ambigu et contradictoire avec ses promesses initiales, mais ses soutiens balaient toute compromission et gardent une foi absolue dans son intégrité morale.

"Il a dit tout ce que je voulais ce qu'il dise sur l'avenir de l'Amérique", dit Ellen Ollett, enseignante à la retraite de 67 ans.

Deux travées plus loin, une mère de pompier de 58 ans, Becky, une casquette Trump sur la tête, vient de voir pour la première fois en vrai Donald Trump.

"Je sais qu'il a beaucoup d'argent", confie-t-elle, "mais j'ai l'impression qu'il est comme moi, il n'est pas comme les autres politiciens, il comprend exactement ce qui me préoccupe". Pour Becky comme des millions d'autres, ce qui était valable pour la vedette de télévision le reste pour le président.

ico/plh