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07/12/2016 05:32 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

"Partenariat stratégique" Londres/Golfe face à "l'agressivité" de l'Iran

La Première ministre britannique Theresa May et les dirigeants des pétromonarchies du Golfe ont lancé mercredi un "partenariat stratégique" notamment pour contrer les "actions déstabilisatrices" de l'Iran au Moyen-Orient.

S'exprimant devant le sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Bahreïn, Mme May a cherché à rassurer les souverains de cette région face à "la politique agressive" de Téhéran.

Elle a dit que son pays était prêt à contribuer au renforcement de la sécurité des pays arabes du Golfe, y compris par des investissements dans la défense et la formation militaire.

Le CCG comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

Les monarchies sunnites, déçues par la politique d'ouverture sur l'Iran chiite amorcée par l'administration Obama, sont inquiètes de l'influence grandissante de la République islamique au Moyen-Orient, en particulier depuis la conclusion en 2015 de l'accord nucléaire international avec Téhéran.

"Tandis que nous répondons aux nouvelles menaces posées à notre sécurité, nous devons aussi continuer à affronter les acteurs étatiques dont l'influence alimente l'instabilité dans la région", a dit Mme May lors d'une séance spéciale en présence du roi Salmane d'Arabie saoudite.

"Je veux donc vous assurer que j'ai conscience de la menace posée par l'Iran pour le Golfe et plus largement pour le Moyen-Orient", a-t-elle ajouté.

Ces dernières années, l'Arabie saoudite et ses alliés ont vu d'un mauvais oeil l'Iran prendre pied en Syrie, en Irak, au Yémen et au Liban.

Dans un communiqué conjoint publié à l'issue du sommet, le Royaume-Uni et le CCG ont décidé de "lancer un partenariat stratégique pour favoriser des relations plus étroites dans tous les domaines, y compris politique, de la défense, de la sécurité et du commerce".

Les deux parties ont décidé de "travailler ensemble pour contrer les activités déstabilisatrices de l'Iran dans la région", sommant Téhéran de "prendre des mesures concrètes et pratiques pour favoriser la confiance et résoudre les différends avec ses voisins par des moyens pacifiques".

- Ex-puissance coloniale -

Dans le cadre du renforcement de la coopération militaire, le communiqué conjoint évoque "une présence britannique accrue à travers le Golfe", y compris un bureau de coordination régionale qui sera basé à Dubaï.

Plusieurs dirigeants ont rappelé, dans leurs discours, les relations "historiques" avec la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale.

Mme May est la première femme et premier chef du gouvernement britannique à participer à un tel sommet. Elle est le deuxième dirigeant occidental à assister à une réunion du CCG après le président français François Hollande en mai 2015 à Ryad.

Les échanges commerciaux du Royaume-Uni avec les pays du Golfe se sont élevés l'an dernier à plus de 30 milliards de livres (35 milliards d'euros).

Dès que le divorce de Londres avec l'Union européenne sera effectif, l'une des priorités sera d'établir avec le CCG "les relations commerciales et économiques les plus étroites possibles", affirme le communiqué. Une rencontre d'affaires se tiendra au premier trimestre de 2017 à Londres.

- Pas de légitimité pour Assad -

Par ailleurs, les deux parties ont souligné "leur engagement à oeuvrer pour un règlement politique en Syrie" où le président Bachar al-Assad "a perdu toute légitimité et n'a plus de rôle à jouer dans l'avenir".

Elles en appellent aux "soutiens du régime d'Assad, la Russie et l'Iran, à soutenir un processus politique sérieux" et encouragent l'opposition syrienne modérée à "s'engager dans un règlement négocié".

S'agissant du Yémen, le CCG et Londres ont affirmé leur "soutien à la feuille de route" proposée par le médiateur de l'ONU et qui "trace clairement la voie à un accord global, y compris les mesures sécuritaires et politiques successives à entreprendre".

Ouvert mardi à Bahreïn, le 37e sommet du CCG s'est achevé mercredi. Le prochain aura lieu au Koweït.

Bahreïn est le théâtre de manifestations sporadiques depuis la répression en 2011 d'un mouvement de contestation animé par la majorité chiite. Le royaume est régulièrement accusé de violer les droits de l'Homme et de réprimer les opposants.

Avant le sommet, Amnesty International a prévenu qu'au delà de Bahreïn, le bilan "déplorable" des monarchies du Golfe en matière de droits de l'Homme ne devrait pas être "occulté".

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