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07/12/2016 01:36 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

La Chine interpellée à l'ONU après la disparition d'un avocat

Des experts de l'ONU ont appelé la Chine à enquêter sur le sort d'un avocat disparu depuis deux semaines, craignant que ce défenseur des droits de l'homme ne soit torturé dans le cadre d'un vaste mouvement de répression.

Jiang Tianyong s'est occupé de plusieurs affaires sensibles, dont celles d'adeptes du mouvement sportif et religieux Falun Gong (interdit en Chine), de manifestants tibétains ou encore de victimes d'une affaire de lait contaminé. Il a aussi défendu un autre avocat, Gao Zhisheng, et le célèbre militant aveugle exilé aux Etats-Unis Chen Guangcheng.

Me Jiang a disparu le 21 novembre après s'être rendu dans la ville de Changsha (centre), où il était allé s'enquérir du sort d'un confrère détenu.

"Nous craignons que la disparition de M. Jiang soit directement liée à son militantisme et qu'il soit torturé", a indiqué mardi un groupe de trois experts des Nations unies dans un communiqué.

Philip Alston, rapporteur spécial de l'ONU sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, avait rencontré l'avocat en août lors d'une visite en Chine. Selon M. Alston, sa disparition pourrait être une mesure de rétorsion.

Fin novembre, le gouvernement français s'était déclaré "préoccupé" par la disparition de Jiang Tianyong. La France "est attachée au développement de l'Etat de droit et poursuit son dialogue en matière de droits de l'homme avec les autorités chinoises", avait indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président chinois Xi Jinping fin 2012, la pression s'est renforcée sur la société civile. Une salve d'environ 200 interpellations d'avocats et militants est intervenue à l'été 2015 dans toute la Chine.

Jiang Tianyong s'était rendu à Changsha pour rencontrer la femme de Xie Yang, un avocat interpellé dans ce cadre, et avait visité la prison où il est détenu. M. Jiang devait prendre un train pour Pékin dans la foulée.

Les autorités de Pékin, Changsha, et Zhengzhou (la ville d'où l'avocat est originaire) ont refusé d'enquêter sur sa disparition, selon le communiqué de l'ONU.

"Chacun en Chine doit respecter la loi et quiconque viole la loi sera sanctionné en vertu de nos lois", a déclaré mercredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lu Kang lors d'un point presse, en réponse au communiqué de l'ONU.

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