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07/12/2016 07:46 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Jusqu'à 2.500 "combattants étrangers" européens encore en Syrie et en Irak (rapport)

Entre 2.000 et 2.500 Européens partis combattre en Irak et en Syrie seraient encore sur place, confrontant les pays de l'UE à la menace de leur éventuel retour en termes de sécurité, selon un rapport européen consulté par l'AFP.

"Les chiffres les plus récents suggèrent que sur le total de combattants étrangers européens, environ 15-20% sont morts sur place, 30-35% sont déjà rentrés et 50% sont encore en Syrie et en Irak", d'après ce document du coordinateur de l'UE contre le terrorisme, Gilles de Kerchove.

Le pourcentage de combattants encore sur place représente "entre 2.000 et 2.500" personnes, précise M. de Kerchove dans ce texte, qui doit être présenté vendredi aux ministres européens de l'Intérieur à Bruxelles, et où il préconise des mesures face à la menace potentielle des combattants rentrant dans leur pays d'origine.

Plusieurs pays européens ont exprimé récemment leur inquiétude concernant une possible accélération des retours de combattants étrangers en Europe, en raison des défaites militaires de l'EI en Irak et en Syrie.

La possibilité de "retours massifs dans le court terme en cas de pertes majeures de l'EI" dans ces deux pays est "floue", selon le coordinateur européen. Il souligne que certains reviendront vers leurs pays d'origine, mais que d'autres resteront dans des "poches de résistance", "dans des pays voisins" ou "voyageront vers d'autres zones de conflits".

"Il y a aussi un contingent significatif de combattants étrangers ("foreign terrorist fighters", selon la dénomination en anglais utilisée dans le rapport) dans les rangs de l'Etat islamique (EI) en Libye qui pourraient tenter d'utiliser leur nationalité ou leurs liens familiaux pour retourner en Europe", relève-t-il.

Ceux qui rentrent "restent en contact avec Daech (acronyme en arabe de l'EI) dans les zones de conflit par le biais de comptes privés sur les réseaux sociaux", note-t-il, déplorant sur ce point "la lenteur de la réponse de Telegram (messagerie cryptée, ndlr) face à la propagande jihadiste".

Telegram ne répond pas aux demandes d'Europol de supprimer les contenus signalés, selon le rapport, recommandant aux Etats membres de l'Union "d'approcher les entreprises de réseaux sociaux (comme Telegram) comme des partenaires dans les activités de contre-terrorisme".

Relevant la disparité des réponses des Etats membres face aux retours des "combattants étrangers" -- incarcération ou non, surveillance ou non, programmes de réhabilitation -- le rapport préconise d'élaborer une "approche complète" et de généraliser les échanges d'informations et de bonnes pratiques entre pays.

La coopération avec les pays de transit que sont la Turquie, la Jordanie ou le Liban "est essentielle", estime-t-il, recommandant notamment de "renforcer le dialogue avec la Turquie" pour mettre en place des procédures concernant les Européens revenant de zones de conflit et se trouvant sur son territoire.

Parmi les combattants de retour en Europe, la principale inquiétude concerne "ceux qui seront envoyés en missions spécifiques". Mais le rapport invite aussi à ne pas considérer que les éventuels déçus de l'Etat islamique auront pour autant abandonné leur engagement jihadiste.

Dans un rapport publié le 2 décembre, Europol a mis en garde contre les changements envisageables de modes opératoires sur le sol européen des réseaux terroristes comme l'EI, qui pourraient notamment à l'avenir recourir à des voitures piégées.

cds/agr/mr