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07/12/2016 05:55 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Italie : le budget adopté, Renzi démissionnera à 18H GMT

Tirant les conséquences de son échec au référendum dimanche, le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a confirmé qu'il démissionnera officiellement à 19H00 (18H00 GMT) mercredi.

"Le budget est approuvé, à 19H00 la démission formelle. Merci à tous et vive l'Italie", a annoncé M. Renzi sur Twitter.

Le président italien Sergio Mattarella avait refusé sa démission lundi, lui demandant de la reporter après l'adoption définitive du budget 2017 au Parlement. C'est chose faite depuis un vote au Sénat dans l'après-midi et Matteo Renzi a aussitôt confirmé sa décision.

C'est la deuxième victime d'un référendum populaire en Europe après la démission cet été de David Cameron, l'ex-Premier ministre britannnique tombé après le non des Britanniques au maintien de leur pays dans l'Union européenne.

Le chef de l'Etat italien va désormais consulter les forces politiques du pays pour déterminer la marche à suivre, entre élections anticipées, gouvernement technique et réforme électorale. Ces consultations pourraient commencer dès jeudi, pourtant jour férie en Italie, selon les médias italiens.

La direction du Parti démocrate (PD), dont M. Renzi reste le secrétaire général, devait se réunir en fin de journée mercredi pour tenter de panser ses plaies et définir une stratégie après une campagne référendaire et un échec qui ont profondément divisé le parti.

Face à l'ampleur du camouflet subi dans les urnes par M. Renzi, toute la classe politique se dit favorable à des élections anticipées, la législature actuelle devant normalement prendre fin en février 2018.

M. Renzi lui-même, loin d'avoir renoncé à tout avenir politique, semble pressé d'en découdre à nouveau, tout comme les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) ou de la Ligue du Nord, qui ont le vent en poupe après un vote ayant confirmé la vague de mécontentement qui a déjà poussé au Brexit ou à l'élection de Donald Trump.

"Nous réclamons des élections immédiatement, sinon nous inviterons les citoyens à descendre dans la rue", a lancé mercredi Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord, parti populiste de droite allié du Front National français.

- Une règle du jeu -

Mais selon une indiscrétion transmise à la presse par des sources à la présidence, Sergio Mattarella a estimé mardi qu'il était "inconcevable d'aller aux élections avant d'avoir rendu les modes de scrutin de la Chambre des députés et du Sénat homogènes".

Une loi adoptée en mai 2015, baptisée Italicum, prévoit un scrutin majoritaire pour la Chambre des députés, alors que l'échec de la réforme constitutionnelle maintient tous ses pouvoirs à un Sénat qui reste élu à la proportionnelle, ce qui risque de rendre la création d'une coalition improbable et le pays ingouvernable.

Pour le M5S, il suffit d'élargir au Sénat le mode de scrutin décidé pour les députés. Et tant pis si son chef Beppe Grillo avait jugé cette loi profondément anti-démocratique pendant toute la campagne électorale.

Pour la plupart des autres partis, il faut remettre plus de proportionnelle dans le mode de scrutin des députés.

Et certains assurent qu'il n'y aura pas besoin de loi pour cela: la Cour constitutionnelle, saisie d'une série de recours contre l'Italicum, doit se pencher sur la question le 24 janvier et pourrait édicter une règle du jeu que toutes les parties devront accepter.

L'attente du verdict de la Cour constitutionnelle arrange en fait certaines factions politiques.

Silvio Berlusconi, qui n'en finit pas d'annoncer son retour en politique, espère que la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg va annuler une condamnation prononcée contre lui en 2013 par la justice italienne, qui le rend inéligible pour six ans.

La gauche du PD espère de son côté avoir le temps d'organiser un congrès national pour se débarrasser d'un Renzi affaibli.

Mais le temps presse, l'incertitude inquiète à l'étranger et même si la panique redoutée sur les marchés financiers n'a pas eu lieu - la Bourse de Milan a même gagné 4,15% mardi et restait orientée à la hausse mercredi -, la situation reste tendue.

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